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[CULTURE] MARTINIQUE : UN FILM D’ANIMATION MARTINIQUAIS SUR LES ÉCRANS DE MADIANA

Sortie ce vendredi sur les écrans de Madiana, du premier long-métrage d’animation martiniquais. « Battledream chronicle » d’Alain Bidard raconte l’histoire d’un jeu vidéo dans lequel on peut réellement mourir… Interview du réalisateur.

Pourquoi avoir choisi le style film d’animation ?
Je suis un dessinateur avant tout et un amoureux de la ligne pure. Je me suis aussi rendu compte au fil de ma carrière que l’animation a un pouvoir émotionnel sur le public que le film en prises de vues réelles n’a pas. Le public a tendance à baisser sa garde quand il regarde de l’animation. Du coup, il est beaucoup plus réceptif sur le plan émotionnel, ce qui est une véritable aubaine pour un réalisateur car un film est avant tout une symphonie dont chaque note est une émotion.
Comment avez-vous choisi les voix ?
Les acteurs et actrices qui ont été choisis (ndlr : Jacques Olivier Ensfelder, Yna Boulangé, Steffy Glissant) étaient non seulement doués, mais correspondaient aussi aux personnages du film. Certains personnages demandaient une personnalité sévère, d’autres de la douceur, d’autres devaient être capables d’émouvoir le public. Les acteurs ont donc aussi été choisis pour leur capacité à endosser la personnalité des personnages.
Nous avions la volonté de choisir des acteurs martiniquais, déjà parce que le film met en scène principalement des Martiniquais, et du coup, il était évident de choisir uniquement des acteurs locaux! Mais aussi parce qu’il y a un vivier d’acteurs très talentueux sur l’île, qu’ils soient connus ou inconnus. Faire appel à des acteurs de l’hexagone ne se justifiait pas…
Qu’est-ce qui est martiniquais dans votre film ?
Tout est martiniquais dans Battle-dream Chronicle! Du scénario au mixage, y compris la création des décors, des personnages ainsi que l’animation et la musique. Les financements sont locaux. Et tous les acteurs du film sont des Martiniquais.
Le montage financier a-t-il été difficile ?
Oui! Parce qu’il a fallu convaincre les financeurs que le projet était tout simplement réaliste. Aucun film d’animation n’avait jamais été produit en Martinique et toute tentative avait échoué. Convaincre qu’on pouvait réussir ce pari sans expérience avec, en plus, la contrainte de faire reposer la production sur un seul artiste était mission impossible! On démontre qu’un projet peut aboutir soit en créant un « proof of concept » qui est un terme américain pour désigner un pilote, soit un « rough cut » qui désigne un montage complet du film sans mixage et sans doublage définitif. Une fois, ce pilote prêt à être visionné, les financeurs sont rassurés et le financement du projet reprend le processus normal.
Et toujours sans financement…
Pour créer un « rough cut » avant tout financement, il faut se contenter des moyens existants pour créer ce que les grands studios étrangers créent avec des millions d’euros! Si nous n’avions pas d’argent en amont, nous avions beaucoup de temps disponible… C’est sur cela que nous avons capitalisé pour mener l’entreprise à son terme. Il a fallu ruser pour trouver un équilibre harmonieux entre les limites de l’équipement et la beauté visuelle du résultat final. Les limitations financières et matérielles ont, in fine, décuplé la créativité filmique. Au cinéma, on peut vraiment dire qu’à toute chose, malheur est bon. Nos limitations ont donné vie à des processus de production plus efficaces!
Quel budget ?
Le budget du film s’élève à 400 000 euros et a été financé en partie par des fonds propres, mais aussi grâce au Conseil régional et à la mairie de Saint-Joseph. Des structures associatives et privées, nous ont également aidés et soutenus sur le plan logistique. Ce sont notamment l’association Cadice Ciné Woulé Company, Super Radio, le Groupe SETIM, À la Bonne Adresse, Attard Communications, VIP IT Consulting et RCI.
animation
Quel avenir pour votre film ?
L’avenir du film va d’abord se jouer dans l’Outremer, puis en France, en Amérique du Nord, dans la Caraïbe et enfin, dans le reste du monde. Le film va être présenté dans de nombreux festivals, afin d’aider à sa distribution. Nous pensons déjà aux festivals d’animation les plus en vogue, tels que : l’Anima Mundi au Brésil, le festival d’Ottawa, le festival de Melbourne ou encore celui d’Hiroshima.
Le film d’animation est la forme de cinéma qui traverse le plus facilement et le plus rapidement les frontières. C’est la forme la plus facile à traduire en de multiples langues donc nous sommes très optimistes quant à la distribution internationale de Battledream Chronicle.
Vos projets…
Battledream Chronicle est une trilogie. Et nous souhaitons accompagner le film dans sa promotion pour ensuite démarrer le second volet de la trilogie.
Durée : 1 h 48
Réalisé par : Alain Bidard
Avec les voix de : Jacques-Olivier Ensfelder, Yna Boulangé, Steffy Glissant
Genre : Animation

L’histoire

En l’an 2100, l’empire de Mortemonde colonise la quasi-totalité des nations de la Terre et réduit leur population en esclavage. Les esclaves sont contraints de collecter 1000XP chaque mois au Battle-dream, un jeu vidéo dans lequel on peut réellement mourir…
Source : http://www.martinique.franceantilles.fr/loisirs/sortir/un-film-d-animation-martiniquais-a-madiana-307285.php

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