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[CULTURE] LES ÉTATS-NATIONS BLANCS SE SONT CONSTRUITES SUR LE PIÉDESTAL DE L’ESCLAVAGE ET DU COLONIALISME

Hosea Jaffe a écrit un livre important, « Une histoire sur l’Afrique, » qui parle de l’impact de l’esclavage et du colonialisme sur l’apparition du capitalisme parasitaire et le développement de l’auto-conscience blanche et de la nation blanche elle-même :
« …Avant l’avènement du colonialisme capitaliste il n’y avait pas d’Europe, seulement un amas de villes féodales, mercantiles et tribales, des fermes, des villages, des états timides et des royaumes rivalisant les uns contre les autres dans de perpétuels conflits, tout comme en Afrique, mais sur une base différente de rapports de propriétés (de la propriété privée de la terre).
L’Europe n’était alors ni un concept ni une réalité, mais plus ou moins une idée vague que les Arabes (et non pas « les Européens ») avaient eu il y a longtemps de quelque part au nord-ouest de la Grèce. Aussi longtemps que l’Europe fut isolée du monde, il n’y avait pas de concept d’Europe.

 » Lorsqu’elle est devenu dépendante premièrement de l’Afrique et après des Amériques et enfin de l’Asie, L’Europe a commencé à devenir une réalité et une idée. C’est seulement quand les Portugais, espagnols, français, italiens, Hollandais, anglais, allemands, danois et suédois ont été confrontés et furent en conflit avec l’Afrique, l’Amérique et l’Asie, que naitra le besoin de se considérer comme un ensemble, une entité , différente, hostile et finalement supérieure aux Africains, Américains et Asiatiques. Le colonialisme leur ayant donné un intérêt commun ».

Dans le passage suivant, Jaffe identifie aussi notre relation au capitalisme et sa manifestation historique comme étant issu d’un état-nation blanc uni : » leur intérêt commun, à savoir : l’esclavage, les plantations, le marché mondial, le pillage, les métaux précieux, les épices et le territoire, les marchés et les sources de richesses…Ces intérêts communs étaient aussi la source de leurs conflits internes. Dès 1500, ils avaient déjà commencé à se disputer et se combattre pour le butin colonial. Dans ces conflits intra-européens, l’Espagne et le Portugal ont dans le temps perdus face à la Hollande et la France, et ces derniers aux 18ème siècle face à la Grande-Bretagne, pendant que les allemands (les colonialistes cachés) calvinistes, catholiques aussi bien que les juifs ont solidement préservé ce qu’ils pouvaient du butin sans verser leur sang ou perdre leur propre propriété dans ce processus. « La ruée pour l’Afrique » qui a mené en 1884-85 à la Conférence de Berlin a eu ses racines dans quatre siècles de luttes entre les pouvoirs européens pour la division et le partage de l’Afrique. Le colonialisme, qui était à la base d’unité européenne, fut également à la base de leur désunion ».

Jaffe effectue un bien meilleur travail que Marx dans son explication de l’élaboration du processus de naissance de l’Europe qui a eu pour résultat l’apparition des conditions misérables de la majorité des peuples du monde. Voici la dialectique : « L’Europe est née du colonialisme, comme l’exploitant, l’opprimant, et comme un pôle de négation qui a toujours essayé de détruire et d’assimiler le pôle opposé : le reste du monde…
 » La première forme d’exploitation capitaliste était « l’accumulation primaire » du 14e siècle au 19e siècle, la seconde phase était celle de l’accumulation régulière caractérisée par l’élan d’inertie provoqué par l’accumulation primaire.

« Avec la naissance du capitalisme, il y a apparition de l’Europe, et avec l’Europe, vient le mythe de ‘la civilisation européenne’. Une civilisation fondée sur l’esclavage africain, les plantations américaines, les épices asiatiques, les métaux précieux de tous les trois continents non-européens. Basée aussi sur les chiffres indiens, l’algèbre arabe, l’astronomie, la navigation Arabe-Indien ayant amené Vasco De Gama en Inde à partir de Mombasa, la poudre, le papier et les compas de la Chine. Cette civilisation européenne était en admiration narcissique, de ses propres conquêtes. Les épées, l’artillerie, le meurtre, le viol, le vol et l’esclavage ont formé la vraie base matérielle de l’idée de la supériorité européenne. »

« C’était avec ce processus que l’idée même d’un homme européen s’est forgée, une idée qui n’existait même pas dans l’étymologie avant le 17e Siècle. Avant que le commerce d’esclave en Afrique ne commence, il n’y avait ni concept de l’Europe, ni concept de l’Européen. Puis, avec la création de l’Européen, il y eut naissance du mythe de la supériorité européenne et d’une existence séparée en tant qu’espèce ou une « race » spéciale. De là en effet le mythe de la race en général s’est formée, inconnu jusqu’alors par l’humanité. Le mythe particulier qu’il y avait une créature appelé Européen, qui signifiait, dès le début, « l’homme blanc » fut alors créé.

« Le colonialisme, surtout en Afrique, a créé le concept et l’idéologie de la race. Avant que le capitaliste-colonialiste ne surgisse, il n’y avait pas de concept de race; mais maintenant, subitement et de plus en plus, il y a une affirmation du concept de race : une fois né, le mythe a grandi et est devenu « réalité ».

L’Europe hégémonique capitaliste est né de la colonisation et se maintient par ce processus que d’aucuns nomment Néo-colonisation. Cette domination du monde par une poignée de personnes et donc ce sentiment de supériorité raciale ne prendra fin que lorsque le colonialisme cessera. C’est une tache révolutionnaire pour laquelle les Lumumba, Huey P Newton, Cabral, Frantz Fanon, Dessalines…ont donné leurs vies. A nous de continuer et compléter la lutte de libération.

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