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[CULTURE] L’ÉGLISE MORMONE NE CONSIDÈRE PLUS QUE LES NOIRS SONT DES ÂMES DAMNÉES

L‘Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, aussi connue sous le nom d’Église mormone, a été créée près de trente ans avant la guerre de Sécession par un groupe de fermiers blancs. Il n’est donc pas surprenant que leur bilan en matière de relations raciales soit, au mieux, mitigé. Sur leurs 180 années d’existence, les membres de l’Église d’ascendance africaine n’ont pas pu être pasteurs pendant 150 ans. Et, malgré le fait que l’interdiction ait été levée suite à une révélation, en 1978, la question de la couleur de peau et du clergé a toujours été éludée, et ce jusqu’à maintenant.

Dans un article paru ce mois-ci dans le LDS – les nouvelles de l’Église mormone – depuis le siège à Salt Lake City, en Utah, des dirigeants de l’église et des historiens ainsi que les dirigeants de l’Église sont cités, censés désapprouver explicitement les politiques racistes du passé. Pourtant, une lecture approfondie de l’article est décevante.

Ce qui aurait dû être un mélange d’excuses et d’espoir pour les mormons noirs ressemble plus à un jeu de blâme aux accents historiques, attribuant une bonne dose de responsabilité à Brigham Young, déchargeant le reste sur les mœurs américaines du début du XIXe siècle sans mentionner le racisme inhérent à la doctrine. À aucun moment, le papier du LDS ne reconnaît la faute de l’Église.

Il avance même que Brigham Young souhaitait que les membres noirs fassent partie de l’Église, si l’on se réfère à la citation suivante : « Les noirs “auront [tous] les privilèges voire plus” que les autres membres à l’avenir. » Cette citation est tirée d’un discours qui date de 1852 et qui contient des perles du genre « Caïn et sa postérité doivent porter la marque que Dieu leur a donnée ; et ses amis blancs peuvent laver la race de Caïn avec la potasse des foulons chaque jour ; ils ne peuvent pas laver l’empreinte des Dieux » (page 2, « Aux Saints »).

Ce point de vue est une des premières justifications du racisme à l’encontre des membres noirs au sein de nombreux groupes religieux, comme dans le christianisme syriaque et l’Église baptiste du Sud. Ces mêmes idéaux sont repris dans les sermons d’aujourd’hui, mais aucune responsabilité n’est engagée lorsqu’il est question d’insinuations raciales mal placées, tout ça parce qu’elles font partie de l’Écriture Sainte et que le problème vient de là. Cela est particulièrement difficile pour les membres noirs de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, qui ont dû ignorer une vision du monde dans laquelle ils ne sont pas dignes d’accéder à un rang plus élevé ou au salut ultime.

Près de dix ans après que l’interdiction de la prêtrise ait été abolie, l’historien J. Wayne Embry a interviewé des membres afro-américains de l’Église Mormone, remarquant que dans tous les entretiens, il y avait des « incidents de distanciation de la part des membres blancs, une réticence ou un refus de serrer la main ou de s’asseoir à leur coté, avec également des commentaires racistes à leur égard. » Certains ont même déclaré avoir été traités de « niggers » à l’Église.

Peut-être que le plus gros problème vient du fait que les noirs eux-mêmes acceptent facilement leur statut de « maudit » – sous prétexte qu’il soit présent dans l’Évangile. Il n’y a pas si longtemps, en 1998, un professeur à l’Université de Brigham Young (BYU) a mené une étude sur les fidèles afro-américains : « Ils me disent que ces idées viennent de leurs parents, des Séminaires ou des enseignants de l’École du dimanche ; idées qu’ils n’ont jamais remises en question. Ils n’ont pas l’air d’être gênés par la contradiction implicite des enseignements fondamentaux de l’Évangile ». Malgré les tentatives de l’Église qui visent à augmenter la diversité, on compte environ 87% de blancs ; on peut voir qu’historiquement, l’Église s’est montré réticente au changement, comme par exemple sur la question des droits civils et du mariage gay.

Donc peu importe ce que l’Église Mormone dit à propos de l’histoire de l’Ouest américain, de ses théories soi-disant irréprochables et des idées selon lesquelles « la peau noire est un signe de disgrâce divine ou de malédiction et qu’elle reflète les actions dans une vie antérieure ; que les mariages métissés sont un péché ; ou que les Noirs ou les personnes d’une autre race ou d’une autre origine ethnique sont inférieurs aux autres sur tous les niveaux », il y aura encore et toujours du racisme au cœur de l’Église, avec pour cible cet « égyptien réformé » sur ces Tables de la Loi en or venues des cieux.

Source : vice.com

http://www.vice.com/fr/read/l-eglise-mormone-ne-considere-plus-que-les-noirs-sont-des-ames-damnees/?utm_source=vicefb

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