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[CULTURE] DÉCOUVREZ LA CHRONIQUE « L’ADVERSAIRE » : INTRODUCTION

Présentation :

L’adversaire

Ou l’histoire de deux jeunes hybrides Noirs afropéens qui décident d’arracher leur privilège sur le continent africain.
L’un rêve d’empire, l’autre combat un adversaire.
Dima et Christelle , nés Français, éduqués pour s’inscrire dans la vie française , résistant de manière surprenante … attirés par l’Afrique… incapable de s’en éloigner et de tirer un trait.
Voici l’histoire d’une diaspora qui refuse de tourner le dos à l’Afrique.
Ils ne savent pas les obstacles, les langues de vipères et les crocs acérés qui n’auront de cesse de les faire trébucher…
Une histoire d’amour , et de passion, de haine et de trahison , une histoire d’erreur et de quête d’excellence.
Une histoire africaine.

INTRODUCTION

 Je ne sais pas quel démon les a poussé à me créer comme une hybride. Je ne sais pas pourquoi ils ont cessé de me parler en lingala, pourquoi, notre famille, famille AKEZA, nous sommes restés 30 ans sans mettre un pied au Congo.

Je ne sais pas non plus quel Ancêtre a déposé cette graine en mon cœur.

Je sais juste que le jour où mon oncle m’a sommé d’être européenne et de tirer un trait sur le continent , mon cœur s’est froissé.

Il m’a dit « tu es européenne,   Christelle, ton avenir est ici, bat toi pour que les Blancs te trouvent indispensable ! il te faut un diplôme, et tu gravis les échelons dans leur société, il faut être au sommet ! l’ Afrique ce n’est pas ton souci, ça ne te concerne pas, toi tu es née et a grandi en Europe, ne te sens pas moins à ta place que ces petits blonds »

Ce jour-là, j’avais 17 ans. Je me rappelle avoir cessé de l’entendre après la phrase « l’Afrique n’est pas ton souci, ça ne te concerne pas »

C’est à ce moment, que j’ai pris conscience de l’adversaire.

Cet esprit est répandu dans de nombreux corps noirs, qu’importe la religion de ces corps foncés, musulmans, chrétiens, athées… il a réussi à s’immiscer et à créer des hybrides.

C’est ce qui était prévu pour moi, Christelle Akeza.

J’étais la future européenne parfaitement intégrée, diplômée, voyageant à New York , tissée jusqu’au postérieur de brésilienne chères, appartement, maison, crèche, crédit… toute une vie au service de l’Europe.

Mon talent au service de l’Europe, mes impôts au service de l’Europe. Mon temps, mes enfants, les enfants de mes enfants, au service de l’Europe.

Pour son développement, pour sa réussite, pour sa gloire. Toute une vie. Voilà ce que me propose l’adversaire. Un confort avec certains obstacles (racisme, discrimination).

Face à ces obstacles, mes oncles, mes tantes, mes parents se lèvent comme un seul homme et font front. Ils m’ont enseigné qu’il ne faut jamais me rabaisser et laisser certains Blancs racistes me marcher dessus, que je dois avancer fière, la tête haute. Et travailler 5 fois plus qu’eux, pour leur montrer que nous ne sommes pas des sous hommes.

Jusqu’ici tout va bien…et puis est arrivée la graine. Celle déposée par je ne sais quel Ancêtre.

J’avançais, proprement, dans les rues de l’hexagone, lorsque j’ai trébuché sur la graine d’un baobab.

J’me suis relevée et déjà cette dernière était une racine. Elle s’entortillait dans le sol fertile de ma vie de jeune femme.

Je l’ai suivi, pour voir où était le tronc qui la récupérait. Malheureusement, elle déviait du sentier… j’ai hésité.

Mais des chants se sont mis à faire vibrer mon âme, sans pouvoir me contrôler, j’avançais suivant le chemin de la racine.

J’entendais ma mère crier mon nom, sa perruque visible au loin et son regard apeuré.

Elle voulait que je revienne, et martelait que… l’Afrique n’est pas mon souci. Cela ne me concerne pas.

J’ai continué, comme possédée.

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La racine s’était multipliée, elle sombrait dans des marécages, glissait dans des puits profonds, survolait des falaises, s’enroulait autour de cascades.

Mais j’ai continué.

Parfois, je tombais sur ce même oncle, et l’adversaire lové en son corps, le possédait et lui faisait me dire :

« Christelle, là où tu vas, les hommes et les femmes vont te vouloir du mal, ils vont être contre ta réussite et vont souhaiter que tu sombres.

Je répondais, déterminée :

« Mais, quelle différence avec les Blancs racistes, qui depuis un siècle nous mènent la vie dure ?

– Tous ne sont pas ainsi ! Beaucoup t’ont aidé, beaucoup de Blancs se sont battus corps et âmes pour les droits civiques des Noirs. Pour les racistes, là il faut te battre et t’imposer.

– Et là où je vais, tous les Africains par contre, seront contre moi ? Aucun ne souhaitera m’aider ? Y’a pas de gentils africains comme il existe de gentils Blancs prêts à se battre corps et âmes ??? N’ai-je pas le droit de me battre là bas pour m’y imposer ?

– C’est-à-dire que…que…

– Pourquoi suis-je autorisée à me battre en Occident, mais dois je renoncer à me battre là bas ? »

 Face à son silence, j’ai repris mon chemin.

J’ai traversé une vallée, où l’ombre de la mort me faisait trembler de peur. Un peulh m’a invité chez lui. Il ne m’a pas empoisonné, je suis encore en vie pour témoigner. Il m’a nourrit, il m’a appris des sciences et secrets insoupçonnés.

Après un long repos, j’ai repris ma route, j’ai marché, jusqu’au prochain oasis. Un diola, et un sereer m’ont invité à partager leur assiette. Je me suis accroupie à leurs côtés.

Quelqu’un a crié mon nom. C’était mon père. Il était loin sur l’autre coté de la baie.

Son écho paniqué résonnait dans toutes les collines. Il me demandait de rentrer continuer son rêve occidental.

Je l’ai regardé sans rien dire. Pour ne pas paraitre insolente. C’est mon père.

Puis j’ai repris mon sac, et déjà j’étais avec un tutsi, un twa et un hutu. Ils m’ont parlé de guerre et de douleurs. J’ai eu peur. Ils m’ont raconté des versions différentes sur un grand chef des armées, long et mince, au regard perçant.

J’ai continué tout droit , après leur avoir laissé une partie de mon amour.

L’adversaire, partout cherchait à me convaincre que je devais retourner sur le sentier.
Je lui disais que moi j’aimais ce chemin, je lui disais que je rencontrais des anges et des héros.
Il me retorquait que c’est parceque je n’y allais qu’en vacances, que derrière leur grand sourire et leur salaam aleykum, il n’y a que sorcellerie et méchanceté.
Que seuls les complots et les meurtres régissent leurs esprits, qu’aucun foyer ne pouvait être aimant lorsqu’il n’était composé que d’homme et de femme africaine.
J’ai exigé qu’il se taise. Mais il changeait juste de corps. Possédait celui de ma soeur, de mon cousin, de mon voisin, et même du pasteur.
Quelle plaie cet adversaire!

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La racine ne m’attendait pas, avec ou sans moi, elle se multipliait, prenait de la force, murissait, sortait de sa misère. Avec ou sans moi, elle allait nourrir l’arbre. Celui que je cherchais. Quand j’hésitais trop, ou perdait trop de temps à tenter de convaincre l’adversaire, il m’arrivait de me retourner et de ne plus la voir…elle aait tracer son chemin…en effet, avec ou sans moi, le tronc vivra.
Alors je courrais… plus vite, pour la rattraper…

Et je suis arrivée sur la terre de mon Ancêtre. On l’appelait le Congo. Ici , j’ai décrété que les habitants du pays allaient m’accepter, tout comme les Blancs sont sensés m’avoir acceptée !

J’ai décidé, qu’ici , j’allais imposer mon talent, ma force, ma jeunesse, et mon argent.

J’ai souri aux hommes, avec ma petite voix, j’ai demandé si je pouvais leur préparer à manger. Un bon fufu et un pondu , un sourire sucré et ils ont été amadoués. Ils m’ont offert une bière, que j’ai discrètement renversée au sol …pour mon Ancêtre mais surtout parce que je ne bois pas de cette liqueur .

Envers les femmes, j’ai dû être plus stratégique. Surtout auprès des cousines. Il me fallait être assez sexy pour les impressionner, mais pas trop pour que les mama m’aiment et ne me voient pas comme une menace. Allaient elles se sentir méprisées par cette hybride venue d’occident. Comme elles étaient belles… tellement plus belles que toutes les parisiennes tissées de chateau d’eau.
Elles ont fini par baisser leur garde, et on s’est toute amusée.

Ongles, sorties, Eglise, petage de plomb sur un son de Wizkid, plage, bikini, coiffure, maquillage, soirée dansante à des mariages, semi dragages à la sortie de l’Eglise, fous rire dans les taxi, disputes avec la couturière, larmes au moment du départ…

Il est peut- être temps que je vous raconte, comment j’me suis battue pour retrouver le tronc de mes racines.
Il est peut-être temps que je fasse taire cet adversaire, qui nous fait croire qu’un peuple ayant réussi à surmonter
– l’esclavage
– la colonisation
– les lynchages
– les discriminations

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et gagnant chaque année un peu plus de considération sur la terre des « autres » n’arrivera pas à récupérer le pouvoir de décision en son propre tronc .

Faire taire cet adversaire qui murmure aux oreilles des miens, que l’Afrique est derrière nous.

Que cela ne nous concerne plus.

Tu vois , qu’il ferme sa grande gueule, saute, cale en l’air, et nous applaudisse avec ses fesses.

Je n’ai plus peur des mots de l’adversaire.

Je n’ai plus honte d’avoir quitté le sentier.

Je n’ai plus d’angoisse à ce que le chemin ne soit pas tout tracé.

Et vous autres, mes soit disant ennemis, soit disant plus mauvais que les membres du Klux klux clan ! Je parle de vous, africains bio !

Oui vous africains bio vivant sur le continent , sur la terre de mes Ancêtres, vous allez m’aimer, j’ai dis !
Et même si vous me vomissez , je n’irai nul part ailleurs.
J’ai dis .

Je vais y trouver une place confortable, je vais y fonder ma vie, soyez en surs. Et ensemble , dans les drames et les coups de pute, mais aussi dans la confiance et l’amitié, nous allons relever ce défi. Je veux que vos petites têtes noires soient souriantes, vos enfants privilégiés… vacances au bord de la mer, plage, détente. Pas pour une minorité , alliée à l’Occident… non, pour une grande partie d’entre nous.
Moins de bidons villes, plus de pavillon, moins de chômage, plus d’université, plus de route, plus de stabilité.
Je n’ai que cette obsession.Et tout ça dépend de nous.
De notre capacité à foutre des coup droits à l’adversaire, à le piétiner, et à nous battre.

Je vais vous voir soulever des montagnes, et j’écrirai vos épopées, vos réussites quand le monde entier n’écrit que sur vos faillites.

Je vais m’imposer, avec mon accent de française, mes manières de Blanche, ma musique atypique.

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Vous allez me prendre comme je suis, comme mes parents se sont imposés sur le continent des Autres, comme ils ont imposés leur accent africain, comme ils ont imposés leur différence.

Je vais me rendre indispensable, et mon talent vous obligera à m’accepter. Mon temps, mon argent, mes impôts , toute ma vie pour vous, pour nous , là-bas et nulle part ailleurs.

Oui je fais le chemin inverse !!

Papa, Maman, Oncles, Tantes, je vous laisse valser avec l’adversaire, moi je retourne danser avec l’Ancêtre, sur un air de Davido .

Qu’importe les difficultés, qu’importe les obstacles. Non ce ne sera pas facile. Non ce ne sera pas simple et rapide.

Comment rentrer en Afrique ? Comment réussir ma vie là-bas ? Je n’ai pas de réponse , mais j’ai l’envie d’essayer. Alors laissez-moi vous raconter mes aventures pour retrouver le chemin de l’Afrique. J’vais vous raconter depuis le début. J’suis loin d’être arrivée au bout, mais je dois m’arrêter et reprendre des forces. Partager tous ces obstacles qui m’ont éreintés… Puis je repartirai…

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Et si vous entendez quelque part, que Christelle Akeza a échoué, j’vous en conjure…continuez.

 Il ne s’agit pas seulement de ma réussite, un rayon peut cesser de briller, il y en a des millions d’autre pour faire éclater aux yeux du monde la magnificence du soleil.

Africains, vous êtes magnifiques. Vous êtes ce soleil, mon soleil…

Etali yo

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