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[CULTURE] ABDIAS DO NASCIMENTO : LEADER DES DROITS CIVIQUES AFRO-BRÉSILIENS

*Spécial Coupe du Monde 2014* : Zoom sur le Brésil 

Abdias do Nascimento est un homme politique afro-brésilien et un militant anti-racisme, écrivain, artiste peintre, acteur, faisant valoir ses origines africaines, ainsi que celles de plusieurs de ses compatriotes.

Il est né en Mars 1914 à Franca, dans l’État brésilien de São Paulo. Son père était cordonnier, sa mère faisait des bonbons et les vendait dans la rue. Ses grands-parents avaient été esclaves.
Pendant des décennies, M. Nascimento a représenté une voix dissidente dans une société brésilienne, qui pendant la plus grande partie du 20ème siècle était identifiéE par son gouvernement et perçue par une grande partie de sa population comme une démocratie raciale. M. Nascimento a soutenu, à la fois dans son art et dans sa rhétorique politique, qu’en fait, le Brésil était demeuré une société raciste.
Un nombre beaucoup plus important d’Africains furent envoyés au Brésil comparé aux États-Unis dans le cadre du commerce des esclaves, et le Brésil n’a pas aboli l’esclavage avant 1888. Ce n’est qu’au cours de la dernière décennie, alors que des programmes d’action affirmative ont pris racine dans de nombreuses universités brésiliennes et dans certains organismes gouvernementaux, que le racisme a été reconnu publiquement comme un problème au Brésil.
En 1944, M. Nascimento a fondé le « Théâtre Expérimental Noir « à Rio de Janeiro, une troupe qui célébrait la culture d’influence africaine. Il a formé des citoyens noirs au métier d’acteurs, défiant ainsi la coutume du casting des acteurs blancs portant une face noircie.

En tant qu’acteur, il a joué dans « Orfeu da Conceição », la pièce de Vinicius de Moraes qui est devenue la base du film de 1959 « Black Orpheus », réalisé par Marcel Camus. La troupe a également parrainé des événements pour les droits civiques, parmi lesquels le Premier Congrès des Noirs du Brésil organisé à Rio de Janeiro en 1950.

En 1945, M. Nascimento a aidé à fonder le Comité Démocratique Afrobrésilien pour lutter pour la libération des prisonniers politiques. Après un coup d’État militaire en 1964, il a vécu un exil auto-imposé aux États-Unis et au Nigeria jusqu’au début des années 1980. Alors en exil, il a commencé à peindre des œuvres aux couleurs frappantes présentant des images humaines et naturelles en juxtaposition avec des formes géométriques, évoquant des thématiques culturelles et religieuses afrobrésiliennes. Son travail a été exposé aux États-Unis, au Brésil et ailleurs.

À la fin des années 1970, alors que l’armée détenait toujours le pouvoir (jusqu’en 1985), M. Nascimento, toujours en exil, aida à fonder le Parti Travailliste Démocratique du Brésil, veillant à ce que la question de la discrimination raciale fasse partie de sa plate-forme. Il a servi dans la législature du Brésil en tant que député et sénateur. Il a également aidé à fonder les études afro-brésiliennes et l’Institut de recherche connu sous le nom Ipeafro à Rio de Janeiro.

« Il n’y avait pas de brésilien plus important que Nascimento depuis l’abolition de l’esclavage en 1888 », selon Ollie A. Johnson, professeur d’études africaines à l’Université Wayne State à Detroit et l’auteur de “Brazilian Party Politics and the Coup of 1964.”

« Aucun autre brésilien n’a combattu aussi fortement et plus longtemps contre la suprématie blanche et le racisme au Brésil dans l’ère post-esclavage. Pour que les Américains comprennent et mesurent sa contribution, il faudrait dire qu’il était un peu de Marcus Garvey, un peu de WEB DuBois, un peu de Langston Hughes et un peu d’Adam Clayton Powell. « 

« Il a grandi entouré de gens qui ont expérimenté les derniers jours de l’esclavage, » dit M. Dzidzienyo, en ajoutant que le fait de garder cette expérience vivante à travers le 20ème siècle « fut l’une de ses contributions les plus importantes. »

M. Nascimento a étudié la comptabilité et a obtenu une licence en économie de l’Université de Rio de Janeiro. Encore adolescent, il a rejoint le mouvement des droits civiques Brésilien, connu sous le nom « Front Noir Brésilien. »

Durant son exil, il a enseigné à la State University of New York à Buffalo, où il a fondé la chaire des cultures africaines dans le programme d’étude de l’université de Porto Rico. Il a également enseigné à Yale et à Wesleyan.
Activiste pratiquement jusqu’à la fin de ses jours, M. Nascimento a donné sa dernière interview à l’universitaire américain Henry Louis Gates Jr. pour une série documentaire sur PBS, “Black in Latin America,”, qui a été diffusé au printemps 2011.

Abdias do Nasciement est décédé en mai 2011 à l’âge 97 ans. Les sources divergent sur la date du décès, disant que c’était soit le 23 mai ou 24 mai 2011. La cause; des complications du diabète, selon Anani Dzidzienyo, un ami qui en tant que professeur d’études brésiliennes à l’Université Brown a écrit sur M. Nascimento.

Source : http://www.nytimes.com/2011/05/31/world/americas/31nascimento.html

Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbargahttp://guyzoducamer.afrikblog.com/

 

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