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[CULTURE] 22 FÉVRIER 1979 : INDÉPENDANCE DE L’ÎLE DE SAINTE-LUCIE

Ça n’a l’air de rien mais la « Petite Caraïbe » vit et se développe à deux pas de chez nous. Presque sans nous et en silence. Le 22 février 1979, quand l’Union Jack, le drapeau anglais qui depuis près de trois siècles et des poussières flottait sur tous les bâtiments officiels de Castries, a été remplacé par la drapeau national de Saint Lucia, ce fut un évènement. Autant que je m’en souvienne, en Guadeloupe, 3 ans après l’inutile grande frayeur de la fausse éruption de la Soufrière, on a très peu parlé de l’indépendance de Sainte-Lucie. C’était la règle, l’information inter-Caraïbe était souvent cadenassée.

32 ans après, vu de la Guadeloupe, l’indépendance de Sainte-Lucie, c’est toujours un non-événement dans nos médias. Et pourtant, pour revenir à une idée chère à CCN, nous sommes Cari-Guadeloupéens, Cari-Martiniquais, Cari-Dominiquais et Cari-Sainte-Luciens dans un même espace géolinguistique et culturel que nous avons choisi désormais d’appeler Créole Land.

Notre géographie naturelle fait que ces 4 nations créoles ont une proximité que personne ne saurait contester. Sans trop s’attarder sur des similitudes toponymiques néanmoins porteuses de sens et d’histoire : Roseau en Guadeloupe et à La Dominique, Vieux Fort à Sainte-Lucie et en Guadeloupe, Soufrière ici et là… Il est bon de rappeler que ces 4 nations créoles ont connu dans leur passé les mêmes colonisateurs : Français et Anglais, responsables et coupables d’abord du génocide amérindien resté alors impuni, puis de la traite négrière…

Mais plus que le tragique de ces histoires que l’histoire a retenu, ces 4 nations ont forgé chacune dans des conditions particulières un ciment qui résiste encore à l’épreuve du temps. Guadeloupe Sainte Lucie, Martinique et Dominique sont aussi créolophones. À Castries, Basse-Terre, Roseau ou Fort-de-France, nous pouvons nous comprendre parce que nous parlons une langue qui nous est commune. À l’époque de la globalisation, il est d’une importance capitale que des pays puissent avoir une langue comme dénominateur commun. Entre Dominiquais, Sainte-Luciens, Guadeloupéens ou Martiniquais, la colonisation a dressé quelques barrières politico-administrative mais la langue et la culture créoles ont vite fait de les abaisser.

Mais ne nous voilons pas la face, il y encore du chemin, avant que nos 4 nation créoles s’accordent. Sainte-Lucie et Dominique sont des états indépendants, Guadeloupe et la Martinique peinent encore à l’intérieur du système colonial franco-français. Mais tôt ou tard, elles verront le bout du tunnel.

Saint-Lucie, qui récemment a été quelque peu fracassée par le cyclone Tomas, se relève, la solidarité des nasyon kreol de Guadeloupe ou de Martinique a pleinement joué. C’est bon signe, mais c’est encore insuffisant. Les présidents des collectivités majeures, s’ils adoptent une posture de visionnaires, devraient encourager la coopération, renforcer les liens car demain se prépare déjà aujourd’hui.

Stephenson King et Roosevelt Skerit, les Premiers ministres de Sainte- Lucie ou de la Dominique, ont eux aussi grand intérêt à se approcher de nos nations créoles même sans états. Le grand marché de cette Petite Caraïbe est là, à portée de mains. Nous devons développer des projets communs, nous compléter, nous entendre. C’est possible, c’est même essentiel. L’indépendance de Sainte-Lucie, que nous saluons aujourd’hui n’est-ce pas la preuve que l’espoir existe ? Qu’on peut vivre sans être dépendants, qu’on peut s’assumer dignement ?

La géographie, la culture, l’histoire nous commandent cette vision commune. Nous n’avons pas le droit de refuser ainsi d’être nous-mêmes , éternels, mutilés, aveugles et sourds. Ne dit-on pas que deux et deux font quatre ? Guadeloupe, Martinique, Sainte-Lucie et Dominique ? Demain 4 îles libres de se parler, de cheminer, de se construire et d’édifier une unité des nasyon créoles avant qu’il ne soit trop tard, avan two ta

Source : Carib Creole News http://www.caraibcreolenews.com/news,ccn,1,3056.html

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