LA CORRUPTION PENDANT ZUMA MIS À NU

Un chef d’entreprise sud-africain a affirmé, lundi 21 janvier, avoir payé des pots-de-vin à une ministre proche de Jacob Zuma pendant quatorze ans, durant les deux mandats de l’ex-président, rapporte Le Monde.
L’ancien responsable de la compagnie de sécurité Bosasa, Angelo Agrizzi a affirmé qu’il avait préparé chaque semaine, de 2002 à 2016, une enveloppe contenant 50 000 rands (près de 3 200 euros) en liquide à remettre à Nomvula Mokonyane, actuelle ministre de l’environnement.
« Nous savions qu’elle était proche de l’ancien président Zuma », a-t-il expliqué devant une commission d’enquête.
Cette générosité visait à éviter tout ennui judiciaire à Bosasa, sous le coup depuis 2007 d’une enquête pour avoir remporté de nombreux contrats jugés suspects avec l’Etat. L’entreprise n’a toutefois jusque-là jamais été poursuivie.
M. Agrizzi avait déjà révélé la semaine dernière que son entreprise avait l’habitude de débourser chaque mois entre 4 et 6 millions de rands (250 000 à 380 000 euros) en pots-de-vin et cadeaux divers pour décrocher des contrats avec l’Etat ou des entreprises publiques. Parmi eux, il a évoqué un gâteau d’anniversaire offert à Jacob Zuma pour son 72e anniversaire.
« Tout ceci n’est que la partie émergée de l’iceberg, a déploré une députée de l’opposition, Natasha Mazzone. Il faut maintenant que des gens aillent en prison. ».

« Nous ne porterons pas le chapeau pour des actes individuels », a riposté un porte-parole de l’ANC, Zizi Kodwa, à quatre mois des élections générales.

Tous démentent

La ministre Nomvula Mokonyane dément tous ces allégations à son encontre.
Ces derniers mois, plusieurs personnalités ont exposé devant la commission Zondo les liens entre M. Zuma et les frères Gupta, des hommes d’affaires d’origine indienne soupçonnés d’avoir bénéficié de juteux contrats publics par son entremise.
À cet effet, l’ex président nie toujours être impliqué dans des activités illégales.
Pour faire triompher la vérité, une commission dirigée par le vice-président de la Cour constitutionnelle Raymond Zonda a été mis en place dans le but de faire la lumière sur les nombreux scandales qui ont terni les mandats de Jacob Zuma (2009-2018).
L’ex président sud-africain a été contraint de quitter le pouvoir en février 2018 sous la pression de l’ANC. Il fut remplacé par Cyril Ramaphosa qui a promis de tordre le cou à la corruption. Cyril Ramaphosa a toutefois maintenu Mme Mokonyane au gouvernement.

 

Marie Yvonne Akre

 

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