LES CHASSEURS DOGONS ACCUSÉS D’ATROCITÉS

Des chasseurs traditionnels Dan Nan Ambassagou  « dogons » du centre du Mali ont été accusés d’avoir tué en fin juin 24 civils peuls, et au moins 34 autres en décembre, révèle une enquête de l’ONU publiée le 18 décembre selon Human Rights Watch (HRW). Publié ce même mardi dans un communiqué, l’ONG de défense de droits de l’homme accuse également peuls d’avoir de leur côté assassiné 45 Touaregs la semaine dernière dans le nord du pays.

Des incidents qui avaient éclaté lundi 17 décembre dans la ville de Bankass après l’arrestation de trois de ces chasseurs, soupçonnés du meurtre de sept villageois, ont repris mardi, leurs partisans visant des gendarmes et des militaires, ont indiqué une source militaire et un élu local.

Selon des témoins interrogés par Human Rights Watch, les dogon ont intercepté le 12 décembre un camion transportant environ 60 habitants du village de Mora fuyant les violences. Selon le communiqué, sept hommes et garçons ont tué et une rançon a été exigée contre la libération des autres passagers dont 30 femmes et 20 enfants. Le 5 décembre, le même groupe avait tué 15 civils peuls, dont deux femmes, dans le village de Lessagou.

Attaque Dans les campements touareg

Deux campements touareg situés au nord, dans la région de Ménaka, proche de la frontière avec le Niger, ont été attaqué le 12 décembre par des groupes armés peuls tuant 47 hommes et garçons âgés de 10 à 80 ans « en moins d’une heure », selon un témoin cité par l’ONG.

L’arrestation des trois chasseurs à Bankass par les forces armées maliennes, soupçonnés de la mort des sept passagers du camion a provoqué la colère de certains habitants.

Par ailleurs, Dan Nan Ambassagou a «ordonné aux jeunes Dogons de Bankass de sortir dans la rue et de s’attaquer à la gendarmerie. Ils ont saccagé, pillé et brûlé (…) avant d’être déroutés par les jeunes Peuls du quartier », a déclaré mardi à l’AFP Hamadoun Dicko, un responsable de Tabital Pulaaku, principale association peule du Mali.

Ce même mardi, les « chasseurs mécontents de l’arrestation de trois de leurs camarades » sont revenus à Bankasse pour essayer de « semer le chaos », a expliqué une source militaire, estimant toutefois que la situation était « sous contrôle ». Ils ont se sont attaqué à des membres de la garde nationale et ont saccagé les maisons de quatre gendarmes, a indiqué le maire d’une localité voisine.

Les violences se multiplient entre les Peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies Bambara et dogon, pratiquant majoritairement l’agriculture. Ces violences inter-communautaires ont fait plus de 500 morts civils en 2018, selon l’ONU.

Marie Yvonne Akre

 

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