CARLOTA LUKUMÍ, LA REBELLE

Carlota Lukumí est l’une de ses nombreuses personnes déportées de l’Afrique pour les plantations de canne à sucre sud-américaines durant la traite négrière. D’origine yoruba, sa déportation fait suite au démantèlement de l’Empire Oyo Yoruba par les fulanis jihad musulman. En effet, suite à cette déstructuration de l’Empire yoruba, bon nombre de personnes ont alors été envoyées en esclavage à Cuba.

Arrivée toute gamine, Carlota Lukumí a certainement grandi en état de captivité. S’il est évident que le prénom « Carlota » lui a été attribué, pour ce qui est de Lukumí, il semblerait que ce nom découle de « Oluikumi », une appellation Yoruba, sans doute dénaturée au fil de son périple en captivité. Toutefois, dans le parcours de cette esclave pas comme les autres, c’est la révolte qu’elle a menée qui nous intéresse. Entre 1843 et 1844, Carlota Lukumí a conduit le soulèvement des esclaves dans l’usine de sucre Triumvirato. Un acte de rébellion qui a fortement impacté, autant sur l’île qu’en dehors.

Évidemment, une action de telle envergure nécessitait une certaine organisation. Malheureusement, les esclaves avaient interdiction de communiquer, ils étaient reclus à leurs différentes tâches d’esclaves. Aussi, de façon ingénieuse, à Matandzas, ils communiquaient et élaboraient la révolte via le son des tams-tams. Un moyen de communication indétectable pour les maîtres blancs, ceux-ci n’y voyaient là que l’exécution de rites ancestraux, destinés à rendre hommage aux esclaves morts

Evaristo et Fermina, deux esclaves des camps d’Aracana ont alors la charge de mettre sur pied la rébellion. Leur activité a pour objet de convaincre les autres esclaves de la nécessité de se révolter. Dans l’exercice de cette mission, le 02 août 1843, Fermina est mise aux arrêts. Le 03 novembre de la même année, munis de machettes, Carlota Lukumí et ses compagnons, quittent Triumvirato, leur camp de travail, pour rejoindre Aracana, libèrent Fermina ainsi que d’autres compagnons.

La révolte éclate le 05 novembre 1843, très vite, elle fait tâche‎ d’huile. Les attaques se font de plus en plus nombreuses dans la région. Carlota Lukumí et ses compagnons délivrent des esclaves, détruisent des plantations et des récoltes entières.

Cet affront au pouvoir blanc sera réprimé de façon sanglante par les colons. De nombreux noirs, innocents ou non sont torturés et tués par les négriers pour pouvoir retrouver Carlota Lukumí et les siens.

La révolte durera environ 6 mois. Au terme de cette période, la rebelle sera capturée et torturée. Pour en faire un exemple, vivante, les membres attachés à des chevaux, elle sera tout simplement écartelée. Une dizaine de ses fidèles compagnons, dont Fermina seront abattus également.

NegroNews

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