CAMEROUN : RAPATRIEMENT DES MIGRANTS APRÈS L’ENFER LIBYEN

Deux-cent cinquante migrants camerounais victimes de trafics humains sont rentrés au Cameroun dans la nuit de mardi à mercredi dans le cadre d’un projet humanitaire. À leur arrivée, certains ont raconté « l’enfer libyen ».
Des femmes, dont neuf enceintes, et des hommes, jeunes pour la plupart, sont arrivés à l’aéroport de Yaoundé à bord d’un avion spécial affrété par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans la nuit de mardi à mercredi 22 novembre. Revenus de leur rêve d’arriver en Europe, plusieurs d’entre eux ont raconté à l’AFP leurs conditions de détention.
La voix rauque, les yeux rougis par «la souffrance », Raïssa, toute juste débarquée de l’avion qui vient de la rapatrier mardi 21 novembre, au Cameroun a de la peine à raconter le calvaire vécu pendant les deux années passées « chez les monstres libyens ». « J’ai été torturée et violée, murmure-t-elle en larmes. Je voulais aller en Italie mais je suis tombée dans le plus horrible des pièges. En Libye, on nous vendait comme des légumes, on nous violait comme des putes. »

Comme Raïssa, ces hommes et femmes sortis de l’enfer libyen ont bénéficié d’un projet de l’OIM financé par l’Union Européenne et dont le but est de « favoriser le retour volontaire de 850 migrants camerounais ».

Assis dans un coin de l’aéroport où des médecins, psychologues et policiers leur prodiguent des premiers soins et conseils, yeux hagards, barbe de plusieurs jours et cheveux en bataille, Eddie exhibe ses cicatrices sur la main et l’épaule droite. Kidnappé à trois reprises, cet ancien pompiste a été « torturé, frappé avec des barres de fer et sodomisé ». En 2014, il a quitté la ville de Douala avec quinze amis. Il est le seul « réel survivant » à sa connaissance.

Le retour de ces Camerounais s’inscrit dans le cadre d’un projet visant favoriser le retour de 850 migrants camerounais, selon Roger Charles Evina, chargé de projet à l’OIM.
« L’OIM va monter avec eux des plans d’affaires pour leur permettre de se réintégrer », a-t-il assuré.
D’après lui, au moins 1.700 Camerounais sont en “situation de détresse” en Libye.

NegroNews

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