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CAMEROUN : HUIT CHEFS D’ACCUSATION CONTRE L’OPPOSANT MAURICE KAMTO

Le principal opposant camerounais, Maurice Kamto, a été entendu pour la première fois en présence de ses avocats, mercredi 30 janvier  a rapporté Jeune Afrique. Arrêté lundi soir après des manifestations non autorisées de son parti, il va faire l’objet d’une enquête, notamment pour « rébellion » et « incitation à l’insurrection ».

La cause, le saccage de l’ambassade du Cameroun à Paris qui s’est produit le 26 janvier dans lequel l’opposant nie toute implication. Au total, huit infractions sont imputées à M. Kamto, arrivé deuxième à la présidentielle d’octobre 2018 derrière le président Paul Biya : l’attroupement, la rébellion en groupe, l’hostilité à la patrie, l’insurrection, le trouble à l’ordre public, l’association de malfaiteurs, l’incitation à l’insurrection, la complicité.

Ses charges lui ont été notifiées au cours d’une audition qui a duré près d’une heure trente minutes, mercredi 30 janvier, dans les locaux du groupement spécial d’opération (GSO) de Yaoundé. La séance de question-réponse avec les enquêteurs s’est déroulée en présence des avocats du prévenu, sous la supervision de Jacques Dili, le directeur de la police judiciaire.

217 personnes ont été arrêtées dans le cadre des marches de protestation du MRC. Ils ont été répartis sur quatre sites : le GSO, le commissariat central numéro 1, le GMI de Soa et le SED. Selon les avocats de ce parti, les personnes interpellées seraient détenues dans des conditions déplorables, et l’état de certains d’entre eux serait inquiétant.

« Des gens ont été enlevés sur des lits d’hôpitaux avec des blessures, pour être mis dans des cellules où ils n’ont plus accès aux soins. D’autres ont été déportés du lieu où l’infraction supposée a été commise pour être conduits à Yaoundé, où ils n’ont droit à aucune visite. Ce sont des violations flagrantes de la loi », a dénoncé Emmanuel Simh, le vice-président du MRC, au cours d’une conférence de presse, mercredi soir.

Lors du point de presse, le parti de Maurice Kamto, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), a démenti avoir organisé samedi des manifestations à l’étranger durant lesquelles plusieurs ambassades en Europe ont été saccagées par des manifestants. « M. Kamto dénonce ce vandalisme des représentations diplomatiques. Il n’a jamais envoyé qui que ce soit casser quoi que ce soit », a affirmé Me Sylvain Souop, président du collège d’avocats constitués pour sa défense.

En fin de journée de mercredi, le procureur de la République avait prorogé la garde à vue des manifestants interpellés le samedi 26 janvier 2019. Les auditions, entamées lundi, se poursuivent encore ce mardi. Theodore Tchopa, l’un des deux journalistes interpellés alors qu’ils couvraient l’arrestation du leader du MRC, sera notamment entendue par les officiers de police judiciaire.

Selon la loi camerounaise, la garde à vue est limitée à 48 heures, mais peut être prolongée sur décision d’un préfet lorsqu’il s’agit de garde à vue administrative, ce qui serait le cas en l’espèce, selon certains officiels. Les avocats des personnes arrêtées ont indiqué n’avoir, pour l’heure, reçu aucune notification en ce sens.

Depuis l’annonce des résultats de la présidentielle de fin octobre 2018, plusieurs manifestations non autorisées ont été organisées par le MRC contre ce qu’il qualifie de « hold-up électoral ». Selon les résultats du Conseil constitutionnel, l’ex-candidat du MRC est arrivé deuxième (14,23 % des suffrages) derrière Paul Biya, réélu pour un septième mandat consécutif avec 71,2 % des voix.

 

Opri Avérroèse Kalet

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