BURUNDI : RÉFÉRENDUM SUR FOND DE TENSION

Ce jeudi 17 mai 2018, se tient aux Burundi un référendum constitutionnel. Ils sont 4,8 millions d’électeurs burundais à être appelés aux urnes pour donner leurs avis sur la révision de la constitution.

Depuis l’exil certains membres de l’opposition et la société civile ont appelé au boycott du référendum. Pour l’opposition et la société civile, la tenue de ce référendum est l’enterrement de l’accord d’Arusha qui depuis la fin de la guerre civile, ayant fait plus de 300.000 mort, a permis de régir les équilibres politiques et ethniques dans le pays. Grâce à cet accord, le pouvoir était partagé entre les deux grands ethnies du pays, les Hutus et les Tutsis.

Si le oui l’emporte, le pays plongera dans une dictature sans nom, car ce sera un pouvoir extraordinaire de l’exécutif qui risque de faire taire toutes les autres institutions de la République.

  A fait savoir l’opposant burundais Agathon Rwasa


En réalité cette nouvelle constitution dont le texte définitif n’a été publié que le 8 mai permettra au président Pierre Nkurunziza d’avoir un pouvoir totalitaire sur le pays jusqu’en 2034.

Aucun observateur étranger n’a fait le déplacement pour ce référendum. La communauté africaine et internationale a fermement condamné la tenue de ce référendum qui risque de replonger le pays dans des violences. L’union africaine par la voix de Moussa Faki Mahamat, président de la commission de l’organisation a fait comprendre en février passé que le dossier burundais est dans les mains de la communauté est-africaine (EAC).

Mais l’organisation régionale, quant à elle, s’en est lavé les mains.

En raison de circonstances imprévues, l’EAC n’enverra pas de mission d’observation au référendum du 17 mai au Burundi. Nous souhaitons au gouvernement et au Burundi un référendum pacifique

A déclaré à Jeune Afrique Richard Owora, chargé de la communication et affaires publiques au sein de l’EAC.

Vivement que ce référendum ne fasse pas à nouveau vivre aux burundais le scénario de 2015 ayant causé au moins 1 200 morts et plus de 400 000 réfugiés et 100.000 déplacés à l’intérieur du pays, lorsque Pierre Nkurunziza a décidé de briguer un troisième mandat.

Dah Minwicodji

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