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BURKINA FASO : LES PEULS VICTIMES D’UNE STIGMATISATION MEURTRIÈRE

En janvier, des dizaines de villageois ont été massacrés près de Yirgou lors de violences intercommunautaires exacerbées. Principales cible de ces attaques : les Peuls soupçonnés par la communauté Mossi, majoritaire au Burkina, d’être en intelligence avec les « terroristes ».

La communauté peule victime de massacres

Inquiétées par la montée de la menace terroriste certaines régions du Burkina Faso vivent depuis plusieurs semaines dans une psychose permanente qui se caractérise par la stigmatisation agressive de plus en plus généralisée des populations peuples. Ces dernières, accusées de collaborer en secret avec les djihadistes, sont depuis un certain temps la cible d’attaques meurtrières.

Le 1er janvier à Foubé, un hameau du nord du Burkina Faso, « ils ont rassemblé tous les hommes sous un hangar, nous ont couchés à terre et fusillés l’un après l’autre. Mon père, mon grand frère, mon oncle. Six personnes au total », raconte Moussa Dicko. L’éleveur peul de 39 ans a encore les yeux emplis d’effroi lorsqu’il raconte ces heures terribles où deux hommes armés, des « koglweogo » selon lui, membres d’un groupe d’autodéfense local, ont fait irruption, brûlant les cases et s’en prenant aux habitants. « Je suis resté allongé, immobile, poursuit-il. Et comme ils me pensaient mort, je me suis levé et j’ai couru. J’ai réussi à échapper à leurs tirs en me cachant dans la brousse ».

Foubé n’est pas le seul site touché par de telles violences. Au total, 18 hameaux peuls des environs du village de Yirgou (centre-nord) ont été attaqués en janvier, faisant au moins 49 morts, selon les chiffres officiels. Un bilan qui pourrait être bien plus lourd en réalité : d’après Boubakary Diallo, le secrétaire général de l’Union nationale des rugga du Burkina (UNRB, une organisation d’éleveurs), 110 Peuls ont été tués durant cette période.

La réponse du gouvernement

Le porte-parole du gouvernement également ministre de la Communication burkinabè, Rémis Fulgance Dandjinou, déplore le fait que la communauté peule soit ainsi soupçonnée par la communauté Mossi, majoritaire au Burkina, d’être en intelligence avec les « terroristes ». Car « un des objectifs recherchés par les terroristes est de porter atteinte à la cohésion nationale », a estimé le porte-parole du gouvernement également ministre de la Communication. « Il faut ramener le calme au sein de nos communautés ».

Il a indiqué que les autorités avaient pris « des mesures sécuritaires très strictes » pour protéger les populations, poursuivre les responsables, ramener le calme et « porter assistance aux personnes qui, par crainte, ont quitté leur localité dans des conditions difficiles ». Deux actions judiciaires sont en cours, a-t-il expliqué, l’une « liée aux assassinats du chef de Yirgou et des six autres victimes par les terroristes », l’autre pour déterminer les responsables de « ces attaques qui ont abouti à des pertes en vie humaine dans différents villages et qui ont touché essentiellement la communauté peule de ces localités ».

NN

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