BURKINA FASO: NORBERT ZONGO, 18 ANS PLUS TARD

Homme fier, Norbert Zongo était un journaliste burkinabé, assassiné pour avoir, entre autre, ouvert une investigation journalistique sur la mort mystérieuse du chauffeur de François Compaoré, le frère du président Blaise Compaoré.

Incontestablement un véritable leader d’opinion pour la jeunesse burkinabée et une épine dans le pied de Blaise Compaoré, Président alors du Faso, le 13 décembre 1998, Norbert Zongo trouvait la mort. 18 ans plus tard, Blaise Compaoré n’est plus aux affaires, où en est la justice?
« Nous sommes exaspérés de voir que, même après la création d’un environnement favorable, avec le chute du régime Compaoré, les choses n’avancent pas », ces mots sont ceux de Guezouma Sanogo, le président de l’association des journalistes du Burkina. Ils traduisent bien la réalité juridique de l’affaire. On aurait pensé que le changement de régime allait accélérer la manifestation de la vérité, mais en aujourd’hui encore, rien n’y fait.

Certes, trois soldats ont été inculpées l’an dernier, mais pour l’avocat de la famille Zongo, ceux-ci ne sont que de simples exécutant. Pour lui la véritable justice dans cette affaire consiste à trouver les commanditaires.

Gilbert Diendéré, ancien chef du RSP, incarcéré depuis le putsch manqué de septembre 2015, Blase Compaoré et son frère François Compaoré exilé au Bénin sont, en l’état actuel, sans doute les seuls à pouvoir dévoiler les vrais responsables de l’assassinat de Norbert Zongo et de ses compagnons, s’ils n’en sont tout simplement pas les véritables responsables.

La question est aujourd’hui de savoir ce qui pourrait empêcher la justice de faire son travail. Si Blaise Compaoré et son frère ne sont pas sur le territoire national, Gilbert Diendéré, lui y est, pourquoi n’est-il donc pas entendu comme ce fut le cas dans l’affaire Thomas Sankara? L’association des journalistes du Burkina Faso se demande si, aujourd’hui encore, certains n’auraient pas intérêt à laisser traîner l’affaire. « Le peuple a du mal à comprendre pourquoi après l’insurrection, on en est toujours à ce stade. On se pose des questions : est-ce que quelque part il y a des gens qui ont intérêt à ce que le dossier ne soit pas jugé ? Mais tant qu’il n’y aura pas la vérité sur ce dossier, et sur d’autres, les gens ne vont pas baisser les bras », affirme t-elle par la voix de son président.

Que justice soit faite pour ce combattant de la liberté et pour ses compagnons.

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