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BURKINA FASO: UN MÉDICAMENT CONTRE LA DRÉPANOCYTOSE LAISSE PERPLEXE

Le Faca, c’est le nom donné à un médicament fait à base de plantes issues de la médecine traditionnelle, qui traiterait la drépanocytose. Fabriqué depuis 2010, le médicament constitue un réel espoir pour les malades, mais laisse dubitatif les « spécialistes » de la profession.

La raison de la contestation de cette invention africaine qui serait révolutionnaire, une absence d’études scientifiques rigoureuses, aux normes internationales (européennes en réalité), permettant d’attester de la réalité de l’efficacité du produit.

C’est qu’il faut bien le dire, la drépanocytose touche à ce jour, 50 millions de personnes dans le monde (OMS) et en l’absence de prise en charge, comme c’est très souvent le cas en Afrique malheureusement, un enfant sur deux en meurt sans avoir atteint l’âge de 5 ans. Le problème n’est donc pas à prendre à la légère.

Si le besoin d’une analyse scientifique stricte s’impose en la matière, un autre problème se pose également. Quand on sait que le continent africain est tout simplement celui qui concentre la majorité des personnes atteintes de cette pathologie, on se demande bien si les instances médicales internationales (occidentales) se pressent pour y apporter une solution, mieux encore, si elles y ont même intérêt, ‎les thérapeutiques actuelles etant extrêmement onéreuses en général.

Le Faca doit son succès d’abord à son coût relativement bas, mais aussi du fait qu’il n’est pas si peu crédible qu’on voudrait le faire croire. Il est né de la rencontre entre un étudiant en pharmacie et un traditpraticien, tous les deux de nationalité burkinabé, au début des années 1990. Le guérisseur va faire découvrir au jeune étudiant deux plantes que sont le pommier de Sodome (Calotropis procera) et le fagara jaune (Fagara zanthoxyloides). Selon lui, elles permettent de limiter les symptômes de la pathologie. C’est ainsi que, de cette rencontre, sans vraiment le vouloir, l’un des plus importants développements pharmaceutiques du pays va être lancé à la faculté de Ouaga.

Au moyens de multiples financements, notamment ceux du gouvernement et de donateurs, la recherche va se développer. C’est ainsi qu’en 2010, U-Pharma, une société d’État, va fabriquer et commercialiser le produit né des recherches, le fameux « Faca ».

« Beaucoup de personnes que j’ai pu rencontrer sur place sont convaincues des vertus du Faca. Le traitement de référence international, cinq fois plus cher, est moins bien accepté par lapopulation pour des raisons financières, mais aussi culturelles. », tels sont les propos de Valérie Sabatier, d‎irectrice des programmes doctoraux à Grenoble Ecole de management et experte en innovation.

Malheureusement son développement au delà des frontières nationales s’est heurté à deux obstacles. D’abord va être mis en place autour du produit des mesures de protectionnisme du fait de la crainte des chercheurs nationaux de voir leur travail subtilisé par les grands groupes. Ensuite, aucun autre pays n’a daigné autoriser le produit, cela comprend les pays africains.

Du côté de la profession, les arguments sont différents et pas inacceptables, avouons-le. Jacques Elion qui est l’un des plus grands experts mondiaux de la drépanocytose affirme, « Aucune publication sur ce traitement n’a été faite dans les règles de l’art. C’est dangereux de faire croire à des malades qu’on a trouvé des plantes miracles pour les soigner. ». Pour ce généticien « spécialiste » de la pathologie, le produit lui rappelle le VK500, un produit qui a émergé en 2013 et qui, des mots de son concepteur soignait la drépanocytose. Le produit n’avait fait l’objet d’aucun contrôle scientifique professionnel. Bien que toujours en vente, son efficacité est très contesté.

N’est-on pas la simplement en face d’une hostilité aux produits africains? Pour le professeur Léon Tshilolo, coordinateur du Réseau d’étude de la drépanocytose en Afrique centrale, pas du tout. Concernant le VK500 il affirme « Je ne dis pas que ce traitement n’est pas efficace, mais les résultats ont été contestés lors de notre dernier symposium. La méthodologie scientifique n’a pas été respectée. », pour ce qui est du Faca il remet en cause la méthode, « On a souvent recours au monde politique pour faire la promotion de cegenre de produits. Ce n’est pas correct, ni éthiquement, ni moralement. Il faut s’en tenir à la procédure scientifique. ».

Vous l’aurez compris la question n’est pas des plus simple. Entre le désir de pouvoir s’auto-déterminer sans passer par les instances médicales occidentales qui déterminent unilatéralement les normes de qualité et celui consistant à présenter des produits ayant souscrits à toutes les étapes scientifiques nécessaires, à une approche scientifique stricte, la balance est difficilement en position d’équilibre.

NegroNews

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