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La brique de terre comprimée en Afrique : quand la tradition rencontre l’écologie

Ces dernières années, les constructions en briques de terre comprimée (BTC), plus écologiques et plus adaptées à l’environnement, refont surface en Afrique notamment au Mali, au Cameroun, au Rwanda ou encore au Sénégal, rapporte RFI et DW News. Modernisées et remises au goût du jour, elles ont su convaincre grâce à leur charme d’antan. 

Il s’agit de l’un des tout premiers matériaux de construction utilisés par l’Homme. Ce matériau millénaire et entièrement naturel est obtenu en tamisant de la terre très légèrement humide qui est ensuite fortement comprimée à l’aide d’une presse mécanique. Enfin, démoulée, la brique est mise à sécher à l’abri du soleil. A la différence des parpaings de ciment qui retiennent beaucoup de chaleur et sont polluants (l’industrie mondiale du ciment est responsable de 6 % de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre), le bloc de terre compressée est un matériau climatisé, il est donc parfaitement adapté pour les températures très élevées.  

Des techniques traditionnelles améliorées 

L’on compte trois techniques de mise en œuvre de la BTC : la brique d’adobe, qui est un mélange d’argile, d’eau et éventuellement de végétaux, de copeaux de bois, de sciure, de chanvre ou encore de poils d’animaux, explique le site construction21.org. Le pisé, qui  est un procédé de construction de murs en terre crue, compactée dans un coffrage en couches successives à l’aide d’une dame; et la bauge qui consiste en l’édification de murs massifs, souvent porteurs, avec un mélange de terre, d’eau et de végétaux et de fibres (poils) mises en œuvre par empilement de mottes à l’état plastique sans l’aide de coffrage.

Sur le continent, des entreprises spécialisées dans la construction écologique ont vu le jour et souhaitent mêler éthique, tradition et modernité. La construction en terre attire car elle est à moindre coût et disponible. Lorsqu’elle est bien protégée des intempéries, la terre révèle résister parfaitement à l’usure. Ce matériau ancestral est donc parfaitement dans l’ère du temps et n’a rien à envier au ciment, son premier concurrent. 

Une nouvelle niche pour les entrepreneurs

Aïta Magassa, à la tête de Nawali, une agence immobilière spécialisée dans l’acquisition en Afrique de l’Ouest, a déclaré à ce sujet qu’elle avait découvert la BTC au printemps dernier. Elle a constaté que de nombreuses personnes ignoraient l’existence de ce matériau ou le considéraient dépassé. “Je me suis tout de suite dit qu’il fallait absolument que je le présente à mes clients. Nos ancêtres ne l’ont pas utilisé pour rien, aujourd’hui les techniques ont évolué, les briques sont plus solides, plus modernes”, dit-elle. Et d’ajouter : “ Les gens veulent imiter les Occidentaux en construisant en béton, mais ce n’est pourtant pas adapté au climat de nos pays chauds. » Pour la jeune femme d’origine mauritanienne, la BTC a été une révélation. “En Mauritanie, le sel attaque les maisons, tous les ans mon père fait repeindre la façade de la sienne. Le sel enlaidit le pays”. Les vertus et propriétés de ce matériau sauraient donc apporter de nombreuses solutions. 

Pour pallier le manque de valorisation, Aïta a fait construire une maison témoin entièrement construite en BTC qui sera présentée aux visiteurs ce vendredi à Diamniadio au Sénégal. Selon elle, il appartient aux entreprises et entrepreneurs de faire connaître la BTC pour attirer les locaux, mais aussi la diaspora. La société basée dans le Val-d’Oise a également pour projet de construire au Sénégal une résidence de vacances toute en BTC : Nawali City.

Naomi Mackako

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