LE BERGER QUI MURMURE À L’OREILLE DES BREBIS

Kékouta Dembélé, migrant de 17 ans, est arrivé en France il y a un peu moins d’un an et est devenu apprenti agricole près de Bordeaux, sur la côte Atlantique. Il a été sélectionné pour participer aux Ovinpiades, le concours régional de berger en Gironde qui s’est déroulé jeudi 24.

Le concours a été « très disputé » selon les organisateurs, ce sont deux concurrents de Kekouta qui se sont qualifiés pour la finale. Kekouta Dembele est néanmoins devenu le berger malien très connu.

« Il y a des différences, ce n’est pas la même chose ! Chez nous là-bas au Mali, les animaux sont tous dehors, en liberté, ce n’est pas comme ici. En France, les animaux sont en intérieur, et il y a beaucoup de travail : donner du foin, couper les ongles, regarder les yeux et les dents… », a-t-il confié à FRI.
Tout ce travail, Kékouta Dembélé s’en acquitte à merveille. C’est ce qu’explique son propre patron, Serge Chiappa, qui exploite la ferme Beauséjour de Gironde-sur-Dropt et qui a décidé de prendre Kékouta comme apprenti.

« Ça se passe très bien, Kékouta est un garçon charmant, calme, attentif », se félicite Serge Chiappa, qui précise que le jeune Malien « s’intègre très bien » et s’occupe parfaitement des animaux : « Il a ça en lui ! Il sait voir un animal malade, il me dit quand une brebis n’a pas mangé, qu’un agneau boîte, il murmure à l’oreille des brebis… Je suis très satisfait. ».

Serge Chiappa a commencé à apprendre à Kékouta à conduire un tracteur « c’est nouveau pour lui ! », il témoigne avec chaleur de la confiance qu’il accorde à son apprenti.

Le jeune malien a grandi à Bougountinti, région de Kayes, près de la frontière sénégalaise. En mai 2017, il laisse ses parents au village et quitte le Mali avec une tante le Niger, la Libye, puis l’Italie et enfin la France, où il est accueilli dans un foyer de l’association Emmaüs.

Dans quelques mois, le 5 avril, Kékouta fêtera ses 18 ans. Il compte demander une carte de séjour, grâce à son emploi à la ferme : « J’ai un contrat pour deux ans, précise Kekouta, mais quand ce sera terminé, je ferai autre chose. Pourquoi pas dans la cuisine ou la boucherie. »

 

Marie Yvonne Akre

 

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