BÉNIN: WADAGNI A-T-IL VENDU TALON?

Depuis l’avènement du nouveau départ, le ministre Wadagni était l’un des ministres les plus appréciés par les béninois ceci en raison de ses compétences malgré son jeune âge. Mais, en début de la semaine passée pendant le Bénin Investment Forum, il s’est fait tout une autre réputation. Ceci en répondant à une question sans chercher à remuer sa langue.

J’ai supporté de cette mesure qui vient du gouvernement et j’endosse pleinement, il n’a pas été question d’augmenter le coût de la connectivité…. Le coût change pour les réseaux sociaux et des usages ludiques…. Le coût change pour les réseaux sociaux et des usages ludiques…. Vous téléchargez de la musique, un film ; vous faites des transferts d’images whatsapp qui critiquent le gouvernement… Libre à vous de le faire, mais vous payez le prix qui est légèrement plus fort.

A déclaré le jeune ministre des finances de Patrice Talon.

Cette déclaration du ministre a ouvert la vague des interprétations qui pour la plupart sont loin de caresser le gouvernement de talon dans le sens du poil. Car cette mesure est paradoxale par rapport à la vision exprimée par le chef de l’état en voulant faire du Bénin l’un des pays les plus connectés en Afrique avec le déploiement de fibre optique même dans les zones les plus reculées du pays où seuls les réseaux sociaux poussent les populations vers l’internet.

Il faut rappeler que le Bénin a connu les coûts les plus bas de la connectivité avec l’arrivé du gouvernement de la rupture. Pour avoir une connexion d’un gigaoctet avec accès aux réseaux sociaux il fallait débourser 500F CFA soit un peu moins d’un euro avec la nouvelle mesure pour avoir une connexion d’un gigaoctet, il faut débourser plus de 10 euros.

Si on s’en tient au propos de Wadagni, le régime de talon n’est pas d’avis qu’à moindre coût, on puisse le critiquer. Désormais pour avoir accès aux réseaux sociaux pour penser à critiquer le gouvernement, il faut avoir une certaine capacité financière.

Aussi, le monde artistique qui grâce à internet arrive à se promouvoir a reçu la nouvelle comme une tasse empoisonnée.
Quel sera le sort des entreprises qui dépendent des réseaux sociaux pour exister ?

Cette réforme qui pouvait être considérée comme une mesure pour renflouer les caisses de l’état pour la réalisation du programme d’action du gouvernement déjà traité par l’opposition d’utopiste, est aperçue par plusieurs béninois comme une pilule dont le passage dressera le lit pour une dictature car les propos de Wadagni ont été bien clair :

vous faites des transferts d’images whatsapp qui critiquent le gouvernement… libre à vous de le faire mais vous payez le prix qui est légèrement plus fort.

Déjà des centaines de personnes se sont déconnecté des comptes sociaux du gouvernement pour manifester leur mécontentement suite à une campagne déclenchée par les activistes du web.
Mais le mal est ailleurs et bien voilé par Wadagni.

Pour l’activiste panafricaniste et slameur Kmal Radji, la véritable cause de cette taxe est le programme d’ajustement structurel imposé aux pays par des institutions étrangères avec preuve à l’appui, il a expliqué que le Bénin n’est pas la seule nation concernée par ces taxes. Par des paraboles sur son compte Facebook il a laissé comprendre que les béninois se trompent de combat et leur demande une fois encore d’allumer leur cerveau.

En analysant les propos de Kmal Radji, on comprend juste que Wadagni a perdu l’occasion de se taire. Car au lieu d’amener le peuple à comprendre que cette taxation n’est pas volontaire en expliquant la véritable cause, il a amené le peuple à voir en Talon l’homme à abattre.

Cette taxation des coûts de la connectivité, ne serait en réalité qu’une étape de la conséquence du programme d’ajustement structurel imposé par le FMI à certains pays. Ceci est une fois encore la preuve que nous sommes loin d’être indépendant même si chaque année, nos états décaissent des centaines de millions pour célébrer une indépendance qui n’existe que verbalement.

Dah Minwicodji

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