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UN AN APRÈS, LA FAMILLE D’ADAMA TRAORÉ RÉCLAME TOUJOURS JUSTICE

Il y a un an, Adama Traoré mourait « sur le sol de la gendarmerie » de Persan, quelque temps après son interpellation musclée par trois gendarmes dans sa ville de Beaumont-sur-Oise. Ce 19 juillet, après une course-poursuite, le jeune homme avait été maîtrisé par un « plaquage ventral », un geste qui consiste à plaquer et maintenir une personne ventre au sol, tête tournée sur le côté.

Un an après, les blessures sont toujours vives. Par la voix d’Assa, la grande soeur d’Adama, la famille Traoré est aujourd’hui plus mobilisée que jamais. 4 contre-expertises plus tard, la famille reste persuadée que les autorités dissimulent la vérité, et une marche en la mémoire d’Adama Traoré est organisée le 22 juillet.

Il y a quelques jours, les résultats de la contre-expertise sollicitée par la famille du défunt, ont contredit la version et affirmations officielles de la police et du tribunal de Pontoise. Résultats révélés le 22 juin dernier dans les colonnes du quotidien Le Parisien. Une nouvelle enquête est sur le point d’être ouverte.

L’asphyxie comme cause du décès

Dans ce document épluché par le quotidien français, on y indique en effet « qu’aucun signe ne permet d’évoquer un état infectieux antérieur » présumé chez le jeune homme. Au moment des faits, l’ancien procureur de Pontoise, Yves Jannier, aujourd’hui avocat général près de la cour d’appel de Paris, avançait l’hypothèse selon laquelle le regretté Adama Traoré souffrait « d’une infection très grave » qui aurait altéré quelques organes, occasionnant la mort du jeune homme, non mentionnée dans le rapport du médecin légiste. Le magistrat évoquait également l’absence de traces de violence et ne faisait pas référence à une possible asphyxie. Deux rapports d’autopsie indiquaient pourtant le contraire, l’un évoquant même comme possible cause du décès « la manière dont il a été interpellé ».
Cette contre-expertise faisait également état de « lésions traumatiques très superficielles » bien que n’ayant joué aucun rôle dans le mécanisme de la mort, mais qui confortent bien l’hypothèse de violences policières lors de l’interpellation. Dans les conclusions de cette contre-expertise, on peut lire : « L’ensemble de ces constations permet de conclure que la mort de Monsieur Traoré Adama est secondaire à un état asphyxique aigu, lié à la décompensation, à l’occasion d’un effort et de stress ».

Plusieurs versions qui se contredisent

Pour mémoire, lors de son arrestation, le jeune Adama Traoré avait été plaqué au sol sous « le poids des corps » de trois gendarmes. Se plaignant d’une difficulté à respirer, selon les dires d’un des officiers. Une version corroborée par ses collègues qui affirment l’avoir (Adama) mis en position latérale de sécurité (PLS). Une version pourtant réfutée par un pompier qui révèle avoir vu, à son arrivée sur les lieux, le jeune homme « face contre terre, sur le ventre, mains dans le dos menottées ».
« Cette contre-expertise médicale (…) est très importante car elle écarte de façon définitive la thèse de l’ancien procureur de Pontoise », a confié au Parisien Me Yassine Bouzrou, l’avocat de la famille Traoré. De quoi relancer les débats sur la crédibilité de l’ancien procureur et du rapport fait au préalable, mais aussi conforter l’hypothèse des violences par compression thoracique.

Les proches de la victime pourraient désormais saisir le conseil de la magistrature « afin qu’Yves Jannier soit sanctionné pour ses déclarations contraires à la vérité », a rajouté Me Bouzrou. Les gendarmes, quant à eux, pourraient être entendus _assez rapidement_ par les trois juges du TGI de Paris où le dossier avait été transféré, après le dépaysement obtenu en Octobre dernier.
L’affaire « Adama Traoré », qualifiée de bavure policière par sa famille, fera l’objet d’un intérêt particulier de la part des garants de la justice française, pour que la vérité soit rétablie et que les auteurs de cet acte inqualifiable soient justement sanctionnés.
De quoi permettre à la famille de faire son deuil, alors qu’une manifestation commémorative est prévue le 22 juillet prochain à Beaumont, marquant ainsi le premier anniversaire de décès du jeune Adama Traoré. Vivement que la vérité triomphe !

Une mauvaise prise en charge par le SAMU ?

Une nouvelle expertise technique sur les enregistrements sonores des échanges du Samu, que L’Obs a pu consulter, apporte en revanche de nouvelles informations sur sa prise en charge. Les médecins venus lui porter secours à la gendarmerie n’auraient pas eu l’ensemble des informations leur permettant de tout mettre en œuvre pour le sauver. Les particiens affirment ainsi avoir été « envoyés sur un faux truc », avec un « bilan » ne correspondant pas à la réalité.
Ils se disent « un peu surpris là, en fait » de découvrir la victime en arrêt cardio-respiratoire, alors qu’ils ont seulement été informés (sans que l’on sache par qui) d’une « crise convulsive, durée trois minutes » avec « antécédent épilepsie ». Ainsi, Adama Traoré serait mort avant même l’arrivée des secours.

En un an, Adama Traoré a été érigé en symbole de la lutte contre les « violences policières » en France.

NegroNews

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