AISSA DOUMARA LAURÉATE DU PREMIER PRIX SIMONE-VEIL

La militante camerounaise Aissa Doumara Ngatansou engagée contre les mariages forcés, a reçu le premier « Prix Simone Veil de la République française » ce vendredi 8 mars à l’Élysée à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

Créé pour récompenser « des actions partout dans le monde en faveur des droits des femmes », ce prix a été remis par Emmanuel Macron en présence  de la secrétaire d’État en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et de son homologue en charge des Solidarités, Agnès Buzyn.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la « diplomatie féministe » de la France, « contre les violences sexistes et sexuelles, l’excision, les mariages forcés, pour l’accès à l’éducation des filles et des garçons, pour l’émancipation économique des femmes ».

« C’est avec beaucoup d’émotion et remplie de sentiments de gratitude que j’accueille cette marque de reconnaissance. Ce d’autant plus que ce prix est associé au nom d’une illustre dame », a déclaré la récipiendaire du prix âgé de 46 ans, mère de trois enfants, cofondatrice en 1996 d’une antenne de l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF) dans la ville de Maroua, dans la région Extrême-Nord du Cameroun. Et d’ajouter : « Je remercie infiniment le jury d’avoir porté ce choix sur ma modeste personne et d’avoir reconnu le travail des femmes loin de cette contrée. »

Selon LCI, lors de son discours, elle se définit comme une « militante née » tant elle a « ressenti toute petite la différence qu’on accordait à la fille qu’elle était », est revenue sur son parcours. « Plus tard, j’ai décidé de rentrer dans le schéma classique qu’on destinait aux filles de mon âge, c’est à dire devenir ménagère, mère, épouse au service de tous sans penser à soi-même », a-t-elle notamment expliqué. « J’ai refusé cela et j’ai continué mes études et je me suis engagée pour qu’aucune autre femme vive de la violence, et ne soit obligée de faire la volonté de quelqu’un d’autre juste par pression, juste parce qu’elle née femme. »

Elle n’a pas manqué de détailler son engagement quotidien. « Ce que nous faisons tous les jours dans les espaces de prise en charge, c’est de redonner gout à la vie, c’est de redonner tous les pouvoirs que ces dernières ont perdu à travers des actions de soutien, de sensibilisation et le plaidoyer pour que la situation socio-juridique des femmes soit reconnue en tant que telle. »

Le Président Emmanuel Macron, à l’origine de la création de ce prix, a ensuite salué le combat contre les mariages forcés et les violences faites aux femmes d’Aissa Doumara Ngatansou comme un « exemple de courage et de persévérance ». Il a confirmé la création d’un fond de 120 millions d’euros d’aide au développement pour soutenir les mouvements en faveur des droits des femmes dans le monde.

Le chef de l’Etat a indiqué que « nous continuerons à mener cette action sans relâche » sans « plus aucun passe-droit » alors qu’ « il y a encore tant et tant à faire. »

 

 

Opri Avérroèse Kalet

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