AFROSTREAM : LA FIN D’UNE AVENTURE ?

« Comme dans toutes les rencontres amoureuses, lancer une startup commence par de la passion mais finit quelques fois par un déchirement. Comme dans toute relation, la peur de souffrir à la fin ne doit pas occulter tout le bonheur qui précède. » Ces mots de Tonjé Bakang résument à suffisance le parcours qu’aura connu le projet Afrostream dont il a été le fondateur.

Le 13 septembre 2017 sonnait la fin d’une aventure entrepreneuriale formidable débutée en novembre 2013. Le service fermait définitivement en France, aux Royaume-Uni, en Belgique, au Luxembourg, en Suisse et dans 24 pays africains pour manque d’investissements.

Pour revenir à l’histoire d’Afrostream, l’idée était de créer un espace de large diffusion des films et séries africaines, afro-caribéennes et afro-américaines à travers un service de streaming légal par abonnement, disponible sur les ordinateurs, téléphones, tablettes.

Le premier obstacle à franchir pour ce média digital sera l’acquisition de droits de films et séries auprès des grands studios hollywoodiens, des chaines américaines et producteurs africains, un dossier sur lequel les discussions seront ouvertes avec le soutien de 50.000 fans qui suivent à cette époque la genèse du projet sur Facebook. Ensuite, naît Afrostream VOD, fruit d’un partenariat avec MYTF1VOD pour la diffusion de films Afro via le plus grand media européen, un grande première.

Après cette première réussie avec MYTF1, vient le moment de lever des fonds auprès des investisseurs. Malgré l’aide de Oussama Ammar l’un des fondateurs de la structure privée d’accompagnement des startups en Europe (TheFamily), ce sera un échec cuisant auprès des patrons de fonds européens. Le projet est dans l’impasse.

Juin 2015, un espoir viendra du côté de la Silicon Valley avec un financement de 120 000$ et un accompagnement au développement du projet pendant quatre mois à San Francisco dans le cadre d’un programme qui allait donner l’opportunité de convaincre 400 investisseurs, lors d’une journée de levée de fonds nommée « Demo Day ». Un financement de 4 000 000$ pour développer Afrostream sera obtenu pour 2 ans, un montant toutefois insuffisant comparé à d’autres médias.

Afrostream réalisera son lancement le 1er septembre 2015 et connaitra une forte progression des abonnements. Des milliers de personnes souscrivent et des partenariats stratégiques sont signés avec de grands studios américains (Sony Pictures, Warner Bros, Viacom, Lionsgate, Disney), avec des chaines africaines comme la RTI en Côte d’Ivoire ou encore la chaîne BET pour une distribution de leurs contenus en live et en replay. En avril 2016, le cap des 10.000 abonnés est franchi, malgré un budget marketing réduit.

Motivé par ces débuts prometteurs, Tonjé Bakang se retourne de nouveau vers les investisseurs avec un besoin exprimé de 10 millions de dollars pour trois ans et l’objectif de faire croître la base d’abonnés en France, investir dans le contenu original et financer une expansion dans 24 pays africains.

En Novembre 2016, plus d’un an après le lancement, des discussions avancent avec deux investisseurs donnant l’espoir d’une sortie du tunnel mais le 17 mars 2017, après quelques faux espoirs, la mauvaise nouvelle tombe. Un des investisseurs change d’avis à la dernière minute et se retire. Il n’y aura plus d’investissement dans Afrostream.

Cette nouvelle viendra signer la mort clinique d’un projet en croissance, un projet  qui rassemblait une belle équipe, un projet avec un réel impact social et culturel, un projet auquel il avait consacré quatre ans de sa vie.

Ce projet trouvera-t-il un repreneur comme le souhaite son fondateur ? Espérons-le.

 

NegroNews

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