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Affaire Balkany-Ldna : le leader de la LDNA rattrapé par son passé de violeur

Ces faits ont été révélés il y a 6 jours, lors du procès pour acte d’intimidation, opposant le fondateur et porte-parole ainsi qu’un autre militant de la Ligue de défense noire africaine (LDNA) à Patrick Balkany, figure politique de la droite française récemment emprisonnée pour fraude fiscale, ex maire de Levallois Perret.

Une phrase a suffi à mettre le feu aux poudres. « Le plus âgé, notamment condamné en 2014 à sept ans de prison pour viol de personne vulnérable a également écopé d’une amende de 1000 euros pour avoir donné aux enquêteurs une « identité imaginaire » – son « nom de militant » pouvait-on lire dans la presse.

La personne évoquée dans ces lignes n’est nulle autre que le Porte-Parole et fondateur de la Ligue de défense noire africaine (LDNA), Egountchi Behanzin, de son vrai nom Sylvain Afoua. Cet homme de 31 ans, sans emploi, aussi connu sous le pseudonyme de rappeur « Gucci » se définit comme étant activiste politique anti-négrophobie, panafricain et révolutionnaire. Il aurait été condamné pour viol sur une personne vulnérable en 2014 et aurait écoppé de 7 ans de prison. Il n’aurait en réalité pas effectué l’intégralité de sa peine. Les faits remontent à 2007, il avait alors 19 ans.

Une telle information n’est bien entendu pas passer inaperçue ! Et plusieurs « camps » se sont constitués. Tout d’abord les défenseurs invétérés de la LDNA, apparemment réputée pour ses actions sociales et ses prises de position en faveur de la communauté noire, africaine, qui ont vu en la divulgation de cette information, une énième façon de discréditer « la cause », et ont appelé à resserrer les rangs. Les pros Balkany qui ont eu une raison de plus de torpiller les noirs issus de l’immigration, « ces délinquants au chômage qui profitent des allocations et cause du grabuge au sein de la sacro-sainte société française ». Et enfin les personnes indignées de ce que le représentant d’une ligue prétendant défendre les intérêts de la communauté noire, des Africains ait un tel passé criminel.

Florilège de réactions :

« Là où l’honneur, la dignité, le droit et le respect des noirs est bafoué, nous réclamons justice et réparation. »

Telle est la mission que s’est assignée la LDNA. Mais est-ce qu’une telle mission pourrait être en cohérence avec le fait d’avoir à sa tête une personne condamnée pour viol sur personne vulnérable ? C’est du moins le postulat qu’a tenu NOFI, Média d’information dédié à l’actualité Afro-Caribéenne, dans un article détaillant l’affaire qui a ensuite dû être supprimée tant le flot de réactions virulentes était abondant.

Cela soulève une question importante, mais peu abordée au sein de la communauté noire : la banalisation des violences faites aux femmes, en particulier du viol. Il nous est apparu cohérent de revenir sur la question, au terme de cette semaine consacrée à la lutte contre la violence faite aux femmes. Cette affaire nous rappelle que la culture du viol est rampante au sein de la communauté noire et a de beaux jours devant elle. L’expression « culture du viol » est une traduction littérale de l’expression anglaise rape culture, introduite par des féministes américaines dans les années 1970. C’est un ensemble de comportements et d’attitudes partagés au sein d’une société donnée qui banaliseraient, normaliseraient voire, encourageraient le viol.

Est-ce qu’on peut banaliser le fait que le leader d’une association aussi prédominante dans la lutte contre les injustices raciales ait un passé de criminel, de violeur ?

Est-ce qu’on peut prétendre au droit à l’oubli face à un cas aussi grave que le viol sur une personne vulnérable ?

Est-ce qu’on peut avancer qu’il s’agit d’un complot en vue de discréditer « la cause » alors que ce sont des faits extraits de son casier judiciaire et mentionné lors d’un procès relativement médiatisé ?

Ne serait-ce pas hypocrite de dénoncer de tels crimes lorsqu’ils sont commis par des personnes en dehors de la communauté, mais de parler de « ne pas remuer le passé » lorsqu’il s’agit de « l’un des nôtres » ? Autant de questions légitimes à se poser.
Si on en croit des extraits d’un casier judiciaire appartenant supposément au leader de la LDNA, qui ont été partagé sur internet, d’autres femmes victimes seraient à déplorer. Pour l’heure, nous ne pouvons pas affirmer que ces informations soit vraies, nous attendons un démenti de la LDNA et leur accordons un droit de réponse via notre média.

Extraits : 

 

 

 

En réaction à ces supputations, le samedi 29 novembre, la LDNA a publié ce communiqué faisant état de plaintes déposées pour calomnies et diffamation qu’elle considère comme « des tentatives de déstabilisation de la fashosphère et de quelques n*gres alliés de l’intérieur »« Par solidarité à cause des menaces de mort , incitation à la haine et appels aux meurtres contre les membres de la LDNA et son porte-parole. Nous avons pris la décision en plus des plaintes déposées de suspendre temporairement nos aides bénévoles que nous faisons auprès des personnes de la communauté faisant appel à nous jusqu’à nouvel ordre. Car il est hors de question que nous prenions des risques, usant nos énergies et notre temps pour défendre et combattre les injustices sans relâche ni dormir avec des condamnations à la prison ferme pour en plus subir cela. Nous poursuivrons notre mission militante avec sérénité quand la vie et la sécurité de nos membres et de notre porte-parole seront de nouveau garanties. Mais sachez que rien ne nous arrêtera ! Nous vous remercions pour la confiance et le soutien que vous nous accordez à la LDNA. »

Il y a exactement un mois, la LDNA appelait au boycott du Pasteur Lor Lombo, après que ce dernier ait tenu des propos coloristes concert les couples noirs. Il s’excusera finalement dans un long message après une prise de conscience. Mais pourra-t-elle appeler au boycott de son leader après de telles révélations ?
A.K

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