[ACTUALITE] ONZE ANTILLAIS PARTIS AU DJIHAD

Le départ, pour une « destination inconnue » , de jeunes Antillais de la région parisienne, inquiète les familles. Patrick Karam, président du Conseil représentatif des Français d’Outre-mer (CReFOM) et président de la Coordination chrétiens d’Orient en danger (Chredo), organisait, hier, une conférence de presse pour dévoiler son plan pour lutter contre la radicalisation et l’enrôlement des jeunes ultramarins.

« Il y a onze Antillais qui sont partis pour une destination inconnue, vraisemblablement faire le djihad, seuls ou avec leur famille. Ils venaient des communes de Limeil-Brévannes et de Boissy-Saint-Léger (94) et ils fréquentaient tous la même mosquée. Que s’est-il passé dans cette mosquée ? » Patrick Karam, président du CReFOM, a lancé hier, à Paris, un appel aux familles antillaises touchées par ce phénomène pour « briser le silence et casser la peur » .
Pour appuyer son propos, le président de la Coordination chrétiens d’Orient en danger (Chredo) et du Conseil représentatif des Français d’Outre-mer (CReFOM) avait amené à ses côtés une mère de famille masquée, venue témoigner de la disparition de son fils de 37 ans, sa belle-fille et leurs trois enfants.
DES PARENTS INQUIETS ET SILENCIEUX
La mère se tourne alors vers l’imam de Saint-Denis qui la réconforte mais ne sait l’aider, puis vers l’imam de Limeil-Brévannes, celui qui a marié son fils et que ce dernier considère comme un père.
Le religieux aurait refusé à cette mère de donner son nom et ne lui a fourni aucune piste, alors que les onze jeunes convertis qui sont partis étaient tous ses ouailles. Tout juste a-t-il concédé qu’il avait déjà exclu une dizaine de jeunes de sa mosquée. En fait de mosquée, il semble que ce ne soit qu’une salle de prière installée chez un particulier dans un immeuble d’habitation, place de la Hêtraie, à Limeil-Brévannes.
Les autres parents qui ont vu partir leurs enfants veillent sur leurs petits-enfants qu’ils accompagnent et vont chercher à l’école. Ils sont inquiets, mais aussi silencieux. Trois présidentes d’associations antillaises de la Seine Saint-Denis, venues participer fin septembre à la création de l’antenne dionysienne du CReFOM, ont avoué être aussi concernées par le départ au djihad d’un enfant, mais elles refusent de témoigner publiquement par peur.
LA RADICALISATION PASSE PAR INTERNET
Présent lui aussi hier avec les parlementaires ultramarins Vergoz et Lurel, Aslan Timol, délégué de la Grande mosquée de Saint-Denis de La Réunion et membre du Conseil français du culte musulman (CFCM), a mis en garde contre la tentation d’amalgamer musulmans et radicaux, et indiqué que le CFCM allait regarder cette mosquée de près.
Mais il a prévenu que « la porte de la radicalisation de l’islam en France ne passait plus par les mosquées mais par Internet » . « Dans 95% des cas, la radicalisation passe par des sites internet basés en Syrie » , assure Patrick Karam, qui cite les services qu’il a rencontrés avant-hier, en l’occurrence l’unité de coordination de la lutte anti-terroriste (Uclat) du ministère de l’Intérieur.
« Les recruteurs habiles utilisent l’image du père, la lutte du bien contre le mal, la défense des musulmans, celle des enfants. Les filles, poursuit Patrick Karam, reçoivent des promesses de mariage ou celles qu’elles prendront soin des soldats de Dieu, et elles finissent femmes à soldats dans des bordels. »
F.-X.G., à Paris
TÉMOIGNAGE « En juin 2013, le fil s’est rompu »
« Mon fils s’est converti il y a longtemps, en même temps que d’autres Antillais qu’il fréquentait dans son quartier. Ma belle-fille s’est convertie par amour pour lui et ils se sont mariés devant l’imam de Limeil-Brévannes. Au début, elle allait à la mosquée avec un simple voile, puis elle est passée au voile intégral, aux gants pour cacher ses mains, etc. Mes petits-enfants ont été pris en main pour apprendre le Coran. C’est quand on lui a refusé l’accès à l’école avec son voile, qu’elle a choisi de partir en Égypte (alors aux mains des Frères musulmans, NDLR).
Ma belle-fille est partie en 2012 avec mes deux petits-enfants. Elle était enceinte du troisième. Mon fils les a rejoint pour l’accouchement. Il me donnait encore de ses nouvelles. Mon fils m’a appelée quand sa fille est née : « L’accouchement s’est bien passé, la gamine te ressemble. » Son frère aîné a gardé le lien avec son petit frère jusqu’en juin 2013, puis le fil s’est rompu. Je regarde la télé tous les jours, et j’ai peur de voir mon fils en armes ou même mon petit-fils. Mon fils s’est converti pour être dans la droiture, pas dans la barbarie. »
Source:http://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/societe/onze-antillais-partis-au-djihad-288645.php

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