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[ACTUALITÉ] ONPC SUR FRANCE 2 : TAUBIRA CLASHE SALAMÉ, SARKOZY ET LE FN (VIDÉO)

Sur le plateau de Laurent Ruquier, Léa Salamé a repris un à un les arguments de la droite pour mettre Christiane Taubira en difficulté. Mal lui, en a pris puisque la garde des Sceaux est rompue à ce genre d’exercice et l’a une nouvelle fois prouvé. Décryptage avec notre chroniqueur Thierry de Cabarrus.

Il ne faut pas chercher Christiane Taubira, car on risque de la trouver et là, ça fait très mal ! C’est la leçon qu’a reçue samedi soir sur France 2, Léa Salamé, la jeune chroniqueuse d’ »On n’est pas couché » sous l’œil goguenard de Laurent Ruquier.

Il faut dire qu’avec une fraîcheur frôlant l’inconscience, elle a voulu combattre, sans arguments autres que les slogans de l’UMP, les raccourcis de Sarkozy et les caricatures du FN, la garde des Sceaux sur le terrain de la joute verbale.


Christiana Taubira – On n’est pas couché 21 février 2015 #ONPC

Le résultat ne s’est pas fait attendre puisque par deux fois au moins, celle qui a repris avec témérité à Natacha Polony le rôle ingrat de la journaliste-de-droite-qui voulait-se-faire-son-invitée s’est retrouvée mouchée comme une gamine en faute.

À deux reprises, elle a reçu en retour une gifle balancée par la ministre avec une sévérité qui n’avait d’égale que sa joie de régler enfin ses comptes. Non pas seulement avec la chroniqueuse, mais avec la militante au « discours rétréci », et tous ceux dont elle se faisait imprudemment le porte-voix hier soir et qui, depuis trois ans, lui cherchent des noises.

« Vous étiez où ? »

« Vous étiez où ? Vous étiez où ? Vous étiez où ? »

Léa Salamé, qui manifestement a préparé son coup devant sa glace, attaque la ministre de la Justice dès les premières minutes de l’émission en employant une anaphore d’une extraordinaire violence.

À l’évidence, elle entend jouer l’effet de surprise, coincer dans les cordes Christiane Taubira, l’asphyxier sous les coups, en démontrant par la répétition de sa brutale invective que la garde des Sceaux aurait été trop absente, trop silencieuse pendant les attentats de Paris, puis ceux de Copenhague.

Clairement, Léa Salamé accuse la ministre au minimum de ne pas avoir fait le job comme sa collègue danoise qu’on a beaucoup vu à la télévision pendant ces événements, voire de s’être tue volontairement en raison de son prétendu « laxisme », soupçonnée qu’elle est par la droite et l’extrême-droite d’une possible complicité avec les ennemis de la République que sont les terroristes islamistes.

L’attaque de Sarkozy

Il fallait oser ! D’autant qu’en suggérant ce genre de soupçons, en répétant à l’envi cette question de procureur (« vous étiez où ? »), Léa Salamé, sans vergogne, reprend en l’arrangeant à sa sauce la formule rhétorique que Nicolas Sarkozy a prononcée, quelques jours plus tôt sur Europe 1 :

« Est-ce que vous avez remarqué le silence assourdissant de Madame Taubira ? Est-elle toujours ministre de la justice ? A-t-elle des idées ? »

Le président de l’UMP ne s’est pas contenté, d’ailleurs, d’évoquer son silence puisqu’il l’a accusée d’être quasiment responsable, par son laxisme (encore), des attentats de Paris :

« La réponse pénale, la fin du désarmement pénal qu’organise Madame Taubira, c’est quand même quelque chose d’important ! »

Léa Salamé ne reprend que la première partie de l’attaque, estimant plus malin, plus déstabilisant, mais aussi sans doute journalistiquement plus propre aux yeux des téléspectateurs de suggérer l’accusation de « laxisme » sans en prononcer le mot.

Flagrant délit de partialité

Mais c’est compter sans la riposte immédiate de Christiane Taubira, rompue aux joutes oratoires depuis une trentaine d’années, et qui sait reconnaître aussitôt qui est son adversaire.

Il faut dire que pendant que Laurent Ruquier , dans son rôle d’arbitre, rappelle les propos venimeux du président de l’UMP, Léa Salamé, aux anges et sourire aux lèvres, opine du chef, ce qui revient à enfoncer une fois de trop le clou de sa question « vous étiez où ? ».

Christiane Taubira réagit de façon cinglante, avec un mélange de dignité et de hauteur qui est sa marque de fabrique quand elle est grossièrement attaquée. Et voilà qu’elle rappelle à la chroniqueuse quelle devrait être sa place et qu’elle lui reproche « d’approuver Nicolas Sarkozy ».

Car oui, c’en est trop pour l’invitée d' »ONPC », trop pour qu’elle laisse passer sans réagir, trop pour qu’elle ne prenne pas Léa Salamé à son propre piège du flagrant délit. Car elle est où, la journaliste qui prétend à un minimum d’objectivité pour mériter sa carte de presse ?

Eh bien, elle a choisi son camp, celui des réacs et de Nicolas Sarkozy.

Le camp qui la harcèle

Et ce camp, Christiane Taubira le connaît bien, qui la harcèle depuis trois ans : il va de la droite catho qui, jamais, n’a accepté la loi sur le mariage pour tous jusqu’à l’extrême droite de Marine Le Pen et de Florian Philippot, sans oublier bien sûr Nicolas Sarkozy.

Ce camp-là, c’est celui à la fois de l’intolérance et même du racisme, celui de l’élue du Front national qui la présente en guenon sur son blog, mais aussi celui de la fillette qui lui jette des bananes pendant la Manif pour tous, et aussi celui du journal « Minute » et de sa une abjecte (« Taubira retrouve la banane »).

Et ce camp-là, c’est bien évidemment un peu celui de Nicolas Sarkozy, ce président de l’UMP qui navigue à vue sur l’attitude à avoir avec l’extrême-droite, (un jour le ni-ni, le lendemain pas d’alliance avec le FN) mais qui, face à des militants de « Sens commun » dans un meeting, cède lamentablement à leur injonction d’abroger la loi Taubira.

C’est ce camp-là que Léa Salamé, dès les premières minutes d' »ONPC » vient de rejoindre et Christiane Taubira a bien raison de pointer du doigt ce scandaleux dérapage.

Du temps pour expliquer

La garde des Sceaux est à son aise car, chez Ruquier, elle dispose de temps pour expliquer sa politique pénale, pour dire que non, elle n’est pas « laxiste » et que sa loi, qui individualise les peines, qui offre un large panel de sanctions aux juges, est plus efficace que les textes de ses prédécesseurs.

Si elle ne va pas parler dans les matinales, dit-elle, c’est parce qu’on lui demande de « commenter l’actualité des commentaires » et qu’elle préfère le travail de fond, dans son bureau de ministre ou avec les professionnels. Par exemple, quand elle défend ses textes à l’Assemblée ou les décrypte devant les 300 auditeurs de justice à l’École nationale de la magistrature de Bordeaux.

Christiane Taubira le sait, on ne cesse de lui faire ce « procès en antirépublicanisme » et ce soir, c’est Léa Salamé qui s’y colle.

Elle s’y attendait, alors l’auteur de l’inoubliable discours républicain sur l’égalité des droits à l’Assemblée nationale y répond aussi par son habit : voilà qu’elle porte, ce samedi soir, un tailleur pantalon bleu assorti d’un foulard rouge et blanc, une tenue tricolore arborée comme un drapeau républicain.

Longuement, à « ONPC », elle explique que son texte n’a qu’un but : l’efficacité et la lutte contre la récidive des détenus et qu’elle ne fait pas d’esbrouffe, contrairement à ce qui s’est fait durant le quinquennat précédent.

Elle dénonce par exemple la centaine de lois répressives et de circonstance qui ont été votées, histoire de montrer la soit-disant « fermeté » du gouvernement. Mais dans le même temps, on a, dit-elle, aménagé en douce les peines de prison jusqu’à deux ans :

« Une politique de Gribouille ! »

Pas responsable des attentats

Contrairement à ce que laissent entendre la droite, Nicolas Sarkozy et l’extrême-droite, Christiane Taubira, à l’évidence, n’est pas responsable des attentats de Paris.

Sur les trois terroristes assassins, un seul, dit-elle, a été incarcéré depuis 2012, l’autre avait été emprisonné sous le précédent quinquennat et le troisième était inconnu de la justice. Et la ministre d’argumenter aussi sur la récidive qui a augmenté de… 35% avec les lois sécuritaires de 2009.
Et de révéler un autre pourcentage, essentiel celui-là pour déconstruire le discours sur la prétendue « radicalisation des djihadistes en prison » : seuls 16% des personnes qui entrent pour terrorisme ont des antécédents judiciaires.

« Le risque est de 16%. Le reste, c’est du fantasme », assène la ministre.

Léa Salamé qui accuse le coup devant cette démonstration, va soudain se décrédibiliser totalement. Voilà qu’elle attaque de nouveau la garde des Sceaux, mais cette fois sur un terrain inattendu et contradictoire : elle qui reprochait à Christiane Taubira son prétendu laxisme l’accuse désormais… de remplir les prisons.

Et d’expliquer, chiffres à l’appui, qu’il y a davantage de prisonniers sous François Hollande que sous Nicolas Sarkozy !

Accusée de tout et son contraire

« Surprise, depuis trois ans, il n’y a jamais eu autant de gens en prison ! »

Cette fois-ci, Christiane Taubira, interloquée et goguenarde devant ce flagrant changement de pied, s’autorise à balancer une deuxième gifle à la journaliste.

Car en effet, on ne peut l’accuser de tout et son contraire ! On ne peut lui reprocher d’abord d’être trop laxiste et l’instant d’après, de remplir les prisons par excès de fermeté !

La ministre de la Justice, à cet instant, doit regretter d’être là. Car finalement, comme dans les matinales des radios ou les journaux télévisés de 20h, à « ONPC », on a « rétréci de débat ».

Léa Salamé n’a apparemment qu’un but : obtenir une de ces phrases chocs qui feront le buzz et donc, une émission de télé réussie.

Pas sûr que cette constatation pousse Christiane Taubira à multiplier ses interventions médiatiques. Alors tant pis si on lui pose dix fois la même question :

« Elle était où, Christiane Taubira ? »

Elle répondra, quand elle en choisira elle-même l’occasion :

« Dans mon bureau. En train de préparer le nouveau Code civil ou de réformer la justice des mineurs. »

Après tout, c’est là qu’est sa place, non ?

Source : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1328533-video-onpc-sur-france-2-accusee-de-laxisme-taubira-a-mouche-salame-sarkozy-et-le-fn.html

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