[ACTUALITÉ] EBOLA: CUBA SE MOBILISE EN AFRIQUE DE L’OUEST

Les autorités cubaines ont annoncé cette semaine un renforcement de leur dispositif médical en Afrique pour lutter contre le virus Ebola. Aux 165 médecins et infirmiers déployés en Sierra Leone s’ajouteront 296 qui seront envoyés au Liberia et en Guinée. Cuba avait été le premier pays, début septembre, à répondre l’appel de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Lors d’une conférence à Genève le 12 septembre dernier, le ministre de la Santé cubain, Roberto Morales Ojeda, avait déclaré : « Comme il l’a toujours fait depuis 55 ans, le gouvernement cubain a décidé de participer à cet effort global sous la conduite de l’OMS pour affronter cette dramatique situation qui touche l’Afrique occidentale ».

Les 165 premiers personnels envoyés par Cuba sont 62 médecins et 103 infirmiers qui ont subi une préparation spéciale pour faire face à cette épidémie. 23 d’entre eux travaillaient déjà en Sierra Leone et en Guinée. C’est une tradition dans l’île castriste. On parle parfois de « diplomatie médicale », tant ces aides sanitaires font partie intégrante des relations de La Havane avec les autres pays.

Très vite après la révolution de 1959, Cuba a répondu aux appels d’urgence dans le monde en matière médicale. Cela a commencé en 1960 avec un tremblement de terre au Chili. En 1963, une première « brigade » médicale s’est rendue en Algérie. Cuba a aussi créé en 1999 l’Ecole latino-américaine de médecine qui a depuis formé 38940 médecins venant de 121 pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. Une visite de cet établissement fait immanquablement penser à la tour de Babel.

Lors de l’ouragan Katrina qui a dévasté la Nouvelle Orléans, La Havane avaient proposé d’envoyer 10000 médecins pour pallier aux urgences provoquées par la catastrophe. Washington avait refusé. Aujourd’hui, 4048 personnes, dont 2269 médecins travaillent dans 32 pays africains. Cuba apporte une aide médicale à 66 pays dans le monde avec 50744 médecins et infirmiers.

La directrice de l’Organisation mondiale de la Santé, Margaret Chan, a salué Cuba et « sa capacité de former d’excellents médecins et infirmiers. » L’expertise cubaine en la matière a même transformé l’exportation de personnels médicaux en échange économique à partir de 2004. Ainsi un accord a été signé entre Cuba et le Venezuela au début des années 2000 pour échanger les compétences médicales cubaines contre des livraisons d’hydrocarbures.

Plus de 30000 agents médicaux cubains, dont 9500 médecins, travaillent au Venezuela aujourd’hui selon des sources fiables. Le même type d’accord existe avec le Brésil et l’Afrique du Sud. L’exportation de cette main d’œuvre rapporterait 10 milliards de dollars par an, en faisant l’un des plus importants postes du commerce extérieur.

Ce n’est pas sans provoquer des tensions avec les personnels de santé locaux. Des médecins brésiliens estiment ainsi que les personnels cubains représentent pour eux une concurrence déloyale. Au Venezuela, des médecins vénézuéliens remettent en cause les compétences de leurs homologues cubains et refusent souvent de travailler avec eux dans les hôpitaux. Il est pourtant indéniable qu’ils rendent de grands services notamment au travers des missions Barrio adentro, dans les quartiers les plus déshérités du pays. C’est la difficulté à trouver des médecins vénézuéliens pour travailler dans ces missions qui a poussé Hugo Chavez à faire appel aux autorités cubaines pour signer ses accords « pétrole contre médecins » en 2004.

Source: http://blog.lefigaro.fr/amerique-latine/2014/09/cuba-se-mobilise-en-afrique-de-louest-contre-ebola.html

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