MARINE LE PEN SÉDUIT EN AFRIQUE‎

MARINE LE PEN SÉDUIT EN AFRIQUE‎
‎C’est sûr, vous vous dites c’est juste un titre tape à l’oeil. Et pourtant, aussi fou que cela puisse paraître, Marine Le Pen trouve grâce auprès de certains africains. C’est le cas à Abidjan, en Côte d’Ivoire, avec Emile Kima, le président de la Fondation pour la paix et la réconciliation en Afrique de l’Ouest (FPAO) qui coordonne une caisse de résonance favorable à la candidate front national. Au Bénin également un mouvement de soutien a vu le jour à Parakou. ‎
Cela paraît fou quand on sait quelles sont les positions qu’elle adopte vis-à-vis de l’immigration, de l’islam et de bien d’autres sujets qui lui valent des qualificatifs tels que raciste, xénophobe, homophobe, islamophobe par exemple. Alors certains africains seraient-ils devenus fous?
Et bien, pas tant que ça, bien au contraire même, ils font preuve d’une lucidité froide et d’un réalisme à faire pâlir plus d’un concernant cette échéance politique majeure en France. ‎
En politique il n’y a pas d’amis, seuls les intérêts priment. Aussi, ces africains sensibles au discours front national pensent d’abord à leurs intérêts. Et sur ce point, la vérité est que, de l’ensemble des candidats potentiels vainqueurs, elle est la seule qui semble avoir une vision africaine, limite panafricaine. Eh oui vous ne rêvez pas.
Marine Le Pen entend mettre fin au FCFA, un élément qui remet fortement en cause la souveraineté africaine dit-elle, mais également rompre avec la Françafrique, avec la gestion patrimoniale, de l’Afrique francophone. Ce ne sont que des mots dirons certains, elle a le mérite de le dire tout de même. De plus sa virginité politique par rapport à l’Afrique, vaut bien bénéfice du doute.
Est-elle une femme vertueuse? Les reproches de racisme sont-ils avérés? Qu’en pensent ses soutiens en Afrique? Ils n’en ont que faire. Et c’est bien en cela qu’ils sont lucides. En effet, ils estiment que la gestion qu’elle aura de la France ne les intéresse pas. Le plus important pour eux, c’est l’Afrique, pas la France. Cette façon d’analyser, sous le prisme de l’intérêt change ainsi toute la donne.
Si le personnage est sulfureux, les arguments avancés par ces africains sont assez raisonnables tout de même. En tant qu’africain, le but n’est pas de savoir quel sera le meilleur président pour la France, mais plutôt d’analyser cette échéance politique en se recentrant sur nos intérêts africains.
Pourquoi ne serait-elle donc pas crédible? Qui mieux qu’elle le pourrait? La droite et la gauche qui se succèdent au pouvoir depuis bien des années, ont toujours agit avec ce continent comme un simple grenier dans lequel on vient se servir. L’histoire est là pour nous le rappeler.
Alors dans ses conditions, et même si entre les promesses et les faits, il peut y avoir un monde, les africains ont bien le droit de croire q‎u’avec Le Pen, ils auront un interlocuteur plus sensible. Interlocuteur sans lequel, la tension entre France et Afrique ne cessera de s’accroitre et mènera à un climat d’animosité générale.

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