ADAMA TRAORÉ N’ÉTAIT PAS MALADE

Voilà qui va un peu plus attiser la colère des proches d’Adama Traoré, ce jeune homme assassiné par la gendarmerie de la République. Adama Traoré n’était pas malade au moment de sa mort à l’issue de son interpellation musclée le 19 juillet dernier, telles sont les conclusions d’une expertise menée.

Pour ceux qui ne le connaissent toujours pas, Adama Traoré, c’est ce jeune homme de 24 ans mort à l’issue d’une interpellation musclée le 19 juillet dernier dans le Val-d’Oise. Les conditions de sa mort restent à ce jour assez trouble, enfin pas tellement. Et pour cause, l’expertise réalisée à partir des antécédents médicaux du défunt et rendue à la mi-janvier ne fait que confirmer ce que l’on savait déjà, à savoir que le jeune homme est mort du fait de la gendarmerie et non d’une quelconque maladie comme on voudrait nous le faire croire. ‎

Depuis le début de cette affaire, l’état de santé du jeune homme est au cœur des investigations. Dans un premier temps, Yves Jannier, procureur de l’époque et muté depuis, avait imprudemment indiqué qu’Adama Traoré, interpellé dans un appartement de Beaumont-sur-Oise après une course poursuite avec les gendarmes, souffrait d’une «infection très grave». Une thèse formellement démentie par les deux rapports d’autopsie.». Les deux rapports s’accordaient sur un point essentiel: la mort d’Adama Traoré était due à un «syndrome d’asphyxie» ‎dont l’origine est à déterminer.
«On se trouvait à trois dessus pour le maîtriser», a expliqué un des gendarmes qui a procédé à son interpellation. «Nous avons employé la force strictement nécessaire pour le maîtriser mais il a pris le poids de notre corps à tous les trois au moment de son interpellation», a confié un autre. Autant d’éléments qui confortent la famille de la victime dans la thèse d’une bavure policière. ‎

Le fait est que les dernières expertises font état de nombreuses incohérences. Les derniers experts commis par les juges d’instruction n’ont trouvé la trace d’aucune maladie chronique chez le jeune Traoré. Contrairement au premier rapport d’autopsie dans lequel le légiste de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine) a diagnostiquait « un coeur dont le poids se situe dans la limite supérieure de la normale », celui dressé par ceux de l’institut médico-légal de Paris révèle une «absence d’anomalie cardiaque macroscopiquement identifiable ». ‎

Il serait peut-être tant que la République fasse preuve de décence et reconnaisse la bavure de sa gendarmerie. Reconnaissance qui permettrait à la famille d’enfin faire son deuil. ‎

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