« IL A DÉJÀ TES YEUX » LE FILM N’EST TOUJOURS PAS SORTI AUX ANTILLES

« J’en profite pour dire à tous les gens d’Outre-mer qu’ils soient patients, ce n’est pas que je ne veux pas montrer mon film », mais « je veux savoir combien d’entrées fait mon film en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane. C’est très important qu’on ait ces résultats car les gens qui investissent dans des films ont un souci de rentabilité ». S’est exprimé Lucien Jean-Baptiste, sur la chaîne d’Outre-mer, France O, pour faire entendre son mécontentement face à une industrie qui semble lui mettre des bâtons dans les roues.

Alors que le film est déjà en salle dans la métropole, et a fait 100.000 entrées en deux jours seulement, le réalisateur ne comprends pas cet argument de rentabilité dont lui parle le distributeur local. « C’est comme si Dany Boon faisait un film dans le nord sur les Chtis, et n’avait aucune recette sur les départements du Nord ! Je suis dans cette situation (en tant que Martiniquais NDLR) ». Peut-on lire sur le site de www.francetvinfo.fr

En effet, le groupe Elizé est en situation de monopole pour les acquisitions, la distribution et l’est quasiment sur l’exploitation des films. « Pendant des dizaines d’années, ce groupe a acheté les films en versant un minimum garanti (MG) aux structures de ventes et n’a pratiquement jamais donné d’informations sur les recettes générées. Le système était d’une opacité totale, commence Maxime Delauney, l’un des producteurs du film. Concernant le dernier film de Lucien Jean-Baptiste que nous avons produit, le Groupe Elizé a proposé à notre vendeur un MG ridiculement bas. Nous avons donc refusé d’être distribué dans ces conditions-là car nous croyons au potentiel de ce film. Ses résultats depuis sa sortie en métropole (100,000 entrées en 2 jours) nous le confirment… » poursuit-il, répondant ainsi clairement à la question de la rentabilité.

Mais Lucien Jean-Baptite n’en n’est pas à ses premiers désaccords avec le groupe de distribution. Il aurait en effet, subi ses premiers déboires lors de la promotion de son second film 30° couleurs en 2011. « Le groupe Elizé avait acheté le long-métrage pour 80 000 euros et a toujours déclaré au vendeur qu’ils perdaient beaucoup d’argent sur ce film (…) Lassé et déçu, Lucien a décidé d’arrêter la promotion  » raconte le producteur Delauney.

« Cette fois, nous avons donc fait le choix de proposer de ne pas recevoir de MG de la part du Groupe Elizé, mais d’exiger un partage des recettes à parts égales dès le premier billet vendu. Cette contre-proposition est toujours en négociation », conclut producteur. Ces propos n’ont pas été confirmés par les responsables du groupe Elizé. La dirigeante du groupe a néanmoins répondu : « je ne vais pas rentrer ici dans la polémique des propos de Lucien Jean-Baptiste, mais je trouve pour le moment prématuré de parler de la date de sortie du film aux Antilles car nous sommes en négociation avec TF1 détenteur des droits (…) « nous espérons pouvoir aboutir rapidement afin que le film sorte dans les prochains jours ».

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