QUELLE ISSUE EN GAMBIE?

Depuis le début de la crise gambienne, on a assisté à un ballet diplomatique qui, jusque là, ‎n’a rien apporté comme solution. Comme presque toujours finalement. La dernière en date, qualifiée de négociation de la dernière chance, à brillamment échouée elle aussi. Yahya Jammeh estime, comme depuis le début de cette crise, que la cour suprême doit se prononcer sur les élections et les présumées fraudes. Au vu de tous ses éléments, Adama Barrow qui a le soutient international, en particulier du Sénégal, pourrait prêter serment au pays de Senghor et non en Gambie.

Aujourd’hui la résolution de façon diplomatique semble vraiment avoir échoué en tous points. Le président mauritanien, après son passage en Gambie s’est rendu à Dakar ce 18 janvier pour ce qui s’apparente à une réunion de debriefing. Arrivé à 23h55 heure locale, il s’est entretenu avec le président sénégalais avant d’être rejoint par Adama Barrow, vainqueur des présidentielles gambiennes. Les tenants et les aboutissants de cette réunion, excepté les acteurs, personnes ne les connaît. Rien n’a fuité.

La question militaire a t-elle été évoquée durant cette réunion? On aurait du mal à imaginer le contraire. Le porte parole de l’armée sénégalaise a déclaré ce mercredi que, ‎des troupes de la Cédéao, des soldats sénégalais et nigérians, étaient positionnés le long de la frontière, « prêts à intervenir ». L’issue de ce conflit ne passerait donc que par une intervention militaire. Si elle n’est pas souhaitable, il semblerait que l’usage de la force armée soit inévitable a t-on pu entendre des spécialistes politiques sur la scène sénégalaise.

Pour l’heure, c’est le statu quo. Adama Barrow qui a tweeté en disant que c’était le début d’une ère nouvelle en Gambie, sera sans doute amené à prêter serment au Sénégal. Une prestation qui ne tiendrait finalement que pour la forme et le symbole.

Voilà ce qui nous reste dans cette affaire pour le moment, que les symboles.
Si certains se posaient des questions sur l’utilité de l’Union Africaine, la gestion de cette affaire montre bien les limites d’une organisation qui n’existe finalement que de nom. ‎

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