MOHAMED ABOUTRIKA FICHÉ COMME TERRORISTE

Si le continent Africain, tout entier vibre au rythme de la coupe d’Afrique au Gabon, l’Égypte qui n’est pas en reste, au vu de la participation de sa sélection, s’est engagé parallèlement, sur un autre front : celui qui consiste à faire la fête à ses anciennes gloires. Et c’est Mohamed Aboutrika, qui est le premier en faire les frais. Qualifié de légende du football africain par Didier Drogba en 2008, considéré comme l’un des plus grands footballeurs africains de son époque, ancien sociétaire et vedette du club Cairote Al-Ahly, Mohamed Aboutrika est désormais considéré comme terroriste par les autorités Égyptienne.

« Au Moyen-Orient les deux forces sont : les frères musulmans et l’armée » disait Gamel Abdel Nasser. Soupçonné par la junte au pouvoir d’avoir financé la confrérie interdite des Frères musulmans, classée fin 2013 « organisation terroriste », Mohamed Aboutrika a été inscrit ce mercredi 18 janvier, par un tribunal du Caire sur la liste des organisations et des personnes considérées comme « terroristes ». Une mesure contesté par son avocat : Mohamed Osman, qui estime que la décision du tribunal était « contraire à la loi », puisque l’ancien joueur « ne fait l’objet d’aucune condamnation, et qu’aucun chef d’accusation ne lui a été formellement notifié ».

« Nous allons faire appel de cette décision devant la Cour de cassation », a assuré Me Osman à l’AFP. Lors de la campagne présidentielle de 2012, le footballeur qui a pris sa retraite en 2013, avait publiquement apporté son soutien au candidat issu de la confrérie des Frères musulmans, Mohamed Morsi, destitué un an plus tard par l’armée. Que risque-t-il avec cette décision ? D’après son avocat : « S’il est inscrit sur la liste il y aura des conséquences légales, notamment l’interdiction de voyager »

En effet, déjà en mai 2015, une commission du ministère de la Justice chargée de la confiscation d’avoirs appartenant aux Frères musulmans avait gelé ceux de M. Aboutrika. Selon une loi anti-terroriste adoptée en 2015 par le pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi, les personnes qualifiées de « terroristes » sont frappées d’une interdiction de quitter le territoire, leur passeport leur est retiré et leurs avoirs gelés. Dans une interview donnée au quotidien gouvernemental publié quelques jours après cette mesure, le meilleur joueur évoluant sur le continent africain en 2008 et 2012, avait nié que sa société ou ses partenaires aient financé la confrérie islamiste. Ce gel est toujours en vigueur, malgré deux décisions judiciaires qui réclamaient sa levée d’après son avocat.

NegroNews

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