POURQUOI TANT DE NOMS D’ANIMAUX POUR DESIGNER LES ÉQUIPES AFRICAINES?‎

Les panthères du Gabon, les lions indomptables du Cameroun, les super aigles du Nigeria, les éperviers du Togo, les aigles du Mali… Les Équipes africaines de football adoptent très souvent des noms d’animaux pour se singulariser. Ces noms qui participent du folklore de la CAN sont multiples, divers, parfois gages de puissance, parfois drôles. Ainsi on aura par exemple les Lions de la Teranga pour le Sénégal et les Écureuils pour le Bénin.

Retracer l’histoire de chacun de ces surnoms, serait mission impossible, tant certains remontent à tellement loin dans l’histoire du sport, ou sont nés à la faveur d’événements particuliers. Une chose est certaines, le choix des animaux n’est jamais anodin. En effet, ils (les animaux) renvoient généralement à une croyance traditionnelle, un mythe, un totems etc.

Pour certaines équipes, les noms renvoient directement aux armoiries de l’État, c’est le cas par exemple du Gabon, le pays hôte de la CAN pour cette édition 2017, qui dans ses armoiries compte deux panthères noires, symbole de vigilance, le cas également de la Côte d’Ivoire et de bien d’autres.
Il faut dire qu’en Afrique, le football n’est pas qu’un simple sport, il y va souvent du rayonnement des pouvoirs en place. Ainsi, le changement de pouvoir peut entraîner un changement de la représentation animalière de l’équipe nationale. L’équipe de RDC par exemple avait pour surnom les Lions Simba, puis, sous le règne de Mobutu Sese Seko, elle était devenue « les leopards ». Sous Laurent Désiré Kabila, elle est passée à « Les Simbas » avant de finalement redevenir les Léopards. On voit bien comment il y a une récupération politique du fait sportif. Notons que là aussi, le Léopard est dans les armoiries de la RDC‎. Pour Dieudonné Kabeya, journaliste sportif congolais, «Le nom des Léopards était donné par le président de l’époque qui s’identifiait à cet animal. Pour le président Mobutu, les léopards étaient son totem et représentaient la force et la puissance. Comme à l’époque l’équipe nationale se portait aussi bien, il allait de soi que le symbole de la force portait ses fruits. À un moment donné, même les maillots des joueurs étaient frappés de la tête d’un léopard ».

L’objectif de ce folklore est essentiellement de susciter la crainte et même la peur chez ses adversaires.
‎Mais bien évidemment toutes les équipes africaines n’adoptent pas ces surnoms qui ont trait à la faune. Certaines équipes optent par exemple pour des surnoms qui traduisent une forme de charisme, de hauteur et même d’élégance, au lieu de la force. C’est le cas par exemple des « Blacks Stars » du Ghana, littéralement les étoiles noires. On peut dans cette catégorie citer également les pharaons d’Egyptes, les Bafanas bafanas (les Garçons) d’Afrique du Sud, les Warriors(Gueriers) du Zimbabwe.

Notons que si cette tendance est partie des équipes nationales de football, aujourd’hui les surnoms s’attachent à tous les sportifs représentants leurs pays internationalement.

Commentaires

commentaires