CÉDRIC HERROU, SYMBOLE DE L’AIDE AUX MIGRANTS

Cédric Herrou est un habitant de la vallée de la Roya, près de la frontière franco-italienne. Il lui est reproché d’avoir aider des migrants à traverser la frontière, ce qui lui vaut aujourd’hui d’être poursuivi par la justice française. Le procureur a requis huit mois de privation de liberté avec sursis et pas moins de trente milles euro d’amende.
«C’est un mélange entre la peur et l’excitation. Je vais enfin pouvoir expliquer pourquoi j’ai pris tant de responsabilités». C’est ce qu’affirme Cédric Herrou, ce mercredi sur la place du palais de justice de Nice, avant l’ouverture de son procès. L’homme ne semble pas craindre la justice, fort de ses convictions et de l’humanité de ses actions.

Cédric Herrou est un agriculteur de formation. Depuis mars dernier, il se charge de faire passer la frontière à des familles de migrants. Cette tache, il n’est pas le seul à la faire, à ses côtés, plusieurs autres personnes émues de voir tant d’hommes, de femmes, d’enfants fuir leurs terres natales du fait de la misère, du manque d’espoir. «Au début, nous n’étions qu’une poignée à être sur le pont pour aider. Aujourd’hui, nous sommes plus nombreux : le village de Saorge compte 300 habitants et une trentaine de migrants y est hébergée» affirme Réné Dahon, membre de l’association Roya citoyenne.

Aidé donc de plusieurs autres personnes, Herrou aidait des migrants expulsés à rejoindre de nouveau le territoire français par le biais de zones moins surveillée. De plus, pour assurer l’hébergement, l’homme âgé de 37 ans a pris possession d’un bâtiment désaffecté pour colonies de vacances de la SNCF à Saint-Dalmas-de-Tende. Lui estime son action légitime « Quand vous voyez des familles avec des bébés, des mineurs dans les rues, en situation d’hypervulnérabilité face aux réseaux en tous genre, vous faites quoi ? Vous passez votre chemin ? », disait-il à « la Croix.

L’issue du procès sera connue en février, mais pour l’agriculteur, c’est anecdotique, Ce procès n’est pour lui et les membres de son association qu’une tribune politique. Il a toujours eu conscience des risques encourus. Comme quoi, certains ont encore de l’humanité. Son action lui a d’ailleurs valu d’être élu «Azuréen de l’année» par les lecteurs de Nice-Matin.

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