TEODORIN OBIANG NGUEMA JUGÉ EN FRANCE POUR BIENS MAL ACQUIS

L’affaire des « biens mal acquis » est une enquête sur les patrimoines bâtis en France par les familles de plusieurs dirigeants africains, notamment celle de Denis Sassou Nguesso (Congo), du défunt Omar Bongo (Gabon) ou encore du président centrafricain déchu François Bozizé. Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale, au train de vie sulfureux doit être jugé dans le cadre de cette affaire à Paris. Il a, toutefois, ce mercredi obtenu du juge un report d’audience de six mois pour organiser sa défense, même si rien ne garantit sa présence à la reprise du procès.

Il est reproché à l’actuel vice-président de la Guinée Équatoriale et fils du Président de la République d’avoir détourné des fonds publics, pratiqué des abus de confiance et de la corruption. Aussi le tribunal correctionnel de Paris a été saisit pour connaître de l’affaire.
Le procès qui initialement devait se dérouler jusqu’au 12 janvier a été repoussé à juin et pour cause, selon Emmanuel Marsigny, l’un des avocats de Teodorin Obiang, les délais étaient « beaucoup trop courts » et non conformes à la loi, compte tenu du fait que ce dernier avait préalablement déclaré son adresse à Malabo, la capitale de la Guinée équatoriale. Un temps nécessaire «pour pouvoir organiser effectivement sa défense », a déclaré Me Marsigny. ‎

Immeuble avenue Foch, dans l’un des quartiers les plus huppés de Paris, estimé à 107 millions d’euros, Porsche, Ferrari, Bentley, Bugatti, autant d’éléments qui ont interpellés. Rappelons que le quarantenaire dispose d’une fortune personnelle estimée à 300 millions d’euros pour 80000 euros de salaire annuel. Entre 2004 et 2011, pas moins de 100 millions d’euros provenant du Trésor public de Guinée équatoriale sont venus créditer le compte personnel de Teodorin Obiang, selon les juges d’instruction. Que nenni rétorque Me Marsigny, le fils du président équato-guinéen «a toujours dit qu’il a gagné légalement son argent dans son pays», il est «innocent des faits qu’on lui reproche». Aux dires des enquêteurs, ministre de l’agriculture et des forêts, il aurait même imposer une taxe révolutionnaire sur le bois dont le paiement devait lui être reversé.

Entre Teodorin et la justice française, le jeu c’est « attrape moi si tu peux ». Mis en examen en 2014, le fils du Président de la Guinée Équatoriale a multiplié les voies de recours. Du fait de son statut de deuxième vice-président, il a essayé de faire annuler les poursuites. Malheureusement la Cour de cassation n’a su lui donner raison estimant que les faits relevaient de sa vie privée. La CIJ(cour internationale de justice) a également été saisi par Teodorin pour connaître de l’affaire et suspendre les procédures en France.
Cependant une éternelle question va se poser. Au delà de la personne même de Teodorin Obiang Nguema, cette affaire ne trahie pas là une forme de paternalisme de la France sur les pays subsahariens? On imagine mal la justice française poursuivre des émirs du monde arabe par exemple. Et les « Biens mal acquis » sont ils seulement dans les poches des dirigeants véreux africains? Il apparaît évident que la question des « Biens mal acquis » pose un véritable problème lié à la souveraineté des États africains.

Cependant on ira pas se plaindre nous. Lorsque des dirigeants africains s’obstinent à détourner l’argent du peuple et l’investir en Occident au détriment de leur terre, il est normal que l’occident s’en serve. Celui qui ne veut pas qu’on touche à ses aliments ne va pas les mettre dans le frigo du voisin dit-on en Afrique.

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