RDC: TOUJOURS PAS DE SORTIE DE CRISE ?

Quinze jours de discussion se sont écoulés, aucun accord de conclu. L’Église congolaise (Cenco), médiatrice entre opposition et majorité s’était fixée pour unique objectif de parvenir à présenter un texte au plus tard le samedi 30 décembre dans la journée.

Finalement, en soirée, la mort dans l’âme, elle a annoncé qu’il n’y aurait pas de signature, mais que des compromis avaient été trouvés.

« Les délégués poursuivent leurs travaux de finalisation du texte. Le compromis politique ne peut pas être signé aujourd’hui », a déclaré vendredi soir Marcel Utembi, le président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), qui mène la médiation politique, au soir de ce vendredi. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette journée à été particulièrement mouvementée et incertaine.

Alors que les deux parties devaient se retrouvées ce samedi pour ficeler l’accord, a 10h, le Rassemblement de l’opposition est seul à la table des négociations. Le patron de l’Agence nationale des renseignements se trouve chez les évêques, fait qui laisse les opposants totalement dubitatifs quant à l’issue de la médiation. Le directeur de cabinet du président et le secrétaire général de la majorité s’engouffrent à leur tour chez les évêques pendant que majorité, opposition et société civile commencent à lire le protocole d’accord.

À 20 heures, le président de la Conférence épiscopale prend la parole devant la communauté diplomatique et quelques acteurs politiques égarés. Il annonce les grandes lignes de l’accord.
Premier point, Joseph Kabila reste en fonction jusqu’au soir de 2017, sans aucune possibilité de modifier la constitution de quelque manière que ce soit, et donc de se représenter. Deuxième élément, la primature revient à l’opposition, un des principaux blocage jusque là. À ses principaux éléments s’ajoutent la tenue des élections législatives et provinciales en 2017 au lieu de 2018 comme prévu par l’accord d’octobre, la prise de mesure de décrispation au moyen de la libération de prisonniers politiques. Libération qui se fera au cas par cas, par une commission de hauts magistrats. Voici donc les grandes lignes de l’accord. De sources épiscopales, Joseph Kabila ne devrait pas personnellement apposer sa signature sur le texte, mais son chef de délégation et il n’est pas le seul.
L’autre plateforme politique d’opposition, le Front pour la réforme de la Constitution a d’ores et déjà annoncée qu’elle ne souscrirait pas à l’accord, affirmant ne pas vouloir servir de faire-valoir à un accord qui ne leur accorde aucune place dans les instances mises en place. «Nous dénonçons le fait que ce n’est qu’un accord bilatéral, que les pourparlers étaient déjà boutiqués à l’avance entre la majorité et le Rassemblement.» affirme Eve Bazaiba, du Mouvement de libération du Congo (MLC). L’actuel Premier ministre, Samy Badibanga, l’un des vice-Premier ministre, José Makila, et un membre du gouvernement, Jean-Lucien Bussa, ont aussi assuré qu’eux non plus ne signeront pas l’accord. Pour eux, l’accord n’est pas basé sur le respect des principes démocratiques bénéfiques aux Congolais, mais sur la satisfaction des ambitions personnelles de la majorité et du Rassemblement. Pour Jean Lucien Bussa, ce compromis fait totalement fi de l’accord du 18 octobre 2016.

Quelle sera donc le fin mot de cette histoire? La réponse se fait toujours attendre et le peuple congolais est suspendu à toutes ses manœuvres politiciennes.

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