L’AFRIQUE COMME FOND DE COMMERCE DU RAP FRANÇAIS

Thomas Blondeau, aujourd’hui rédacteur, revient sur ces années de jeunesse. Il livre dans les lignes de Jeune Afrique sa découverte du rap français et ce que celui-ci lui fait découvrir, notamment en termes de connaissances de l’histoire politiques des indépendances. « Pour la première fois, je pouvais mettre entre mes oreilles une musique qui n’était pas celle de mes parents. Je découvrais NTM, IAM, Assassin… et des discours politiques dans lesquels, enfin, je me reconnaissais. Des groupes comme Démocrates D parlaient de Thomas Sankara, de Kwame Nkrumah, des noms qui ne m’étaient pas familiers, qui m’ont amené à creuser l’histoire politique des indépendances. ». A t-il révélé.

On parle bien de rap ! Mais alors que viennent chercher les figures emblématiques de l’histoire de l’Afrique dans leurs écrits, quand on sait bien que la plupart de ces rappeurs français ne rêvent que d’Amérique? « Pour les rappeurs français, ce qui compte, c’est l’Amérique. L’Afrique est un break, une virgule », nous répond alors le spécialiste. Ils s’inspirent et s’approprient des revendications propres aux Africains et Américains (Noirs), sans jamais connaître réellement le continent africain, sans y avoir jamais mis le pied. « Si certains avaient des parents immigrés africains, la plupart n’avaient jamais mis les pieds en Afrique. Ils avaient d’abord dans les années 1990 une vision fantasmée, festive de ce territoire ; presque une vision de colon ! ».

Mokobe, fait partie de la première génération de rappeurs qui évoquent vraiment l’Afrique. « Aujourd’hui MHD ou même le collectif Sexion d’Assaut, dont certains membres sont nés sur place, ont une connaissance plus pointue de la région et de sa musique. ». Peut-on parler alors de légitimer à évoquer l’Afrique en chanson ? « Booba, par exemple, a toujours revendiqué ses racines sénégalaises, mais aujourd’hui il se positionne plus sur le créneau, rappelle Thomas Blondeau. Il a d’ailleurs rendu un hommage à Dakar. Ce n’est pas seulement un calcul, il s’agit aussi d’étendre son business, il ne faut pas se leurrer. » Un titre de son prochain album, Le Duc de Boulogne, prévoit justement les « featurings » des chanteurs congolais Koffi Olomidé et Fally Ipupa.
NegroNews

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