BENI FILES: UN SITE POUR METTRE UN VISAGE SUR LES MORTS DE BENI

Un site internet du nom de Beni Files est sur le point de voir le jour. Il aura pour but de faire office de vibrants hommages aux civils qui ont trouvé la mort à Beni, ville de l’Est de la République Démocratique du Congo, théâtre de nombreux massacres depuis 2014. Mais aussi et surtout rappeler que plusieurs centaines de victimes innocentes ont péri dans ce territoire du Nord-Kivu, le tout sous forme de webdocumentaire en plus d’un mémorial virtuel. 
Ce projet se basera sur des principes bien définis tels que de sérieuses recherches afin d’égayer le contenu dudit site. L’équipe responsable de ce projet, composé de la réalisatrice et de plusieurs congolais, s’est juré d’en venir à bout. Leur dévouement pour cette cause les a poussé à interroger 636 personnes (la majorité sont des proches des défunts), les autres sont témoins de ces massacres, afin d’en savoir un peu plus sur les victimes.
«On montre que ce sont vraiment les frères, les soeurs, les enfants, les parents de quelqu’un, qu’on parle vraiment d’êtres humains qu’on est en train de négliger. On veut montrer des émotions, qu’on peut très facilement reconnaître. Des émotions très personnelles pour dire au monde : ce ne sont pas des chiffres, ce ne sont pas des inconnus, voici les vrais visages des victimes de ces massacres, à l’est du Congo, dans la région de Beni. » explique Elien Spiellebeen réalisatrice du projet. 
Selon elle, il y a eu une très mauvaise médiatisation du nombre de morts qui, dépasserait de loin le nombre de morts évoqué dans les médias. Toutes ces informations sont parvenues grâce aux entretiens avec les proches des victimes et ses visites dans plus de la moitié des villages des environs de Beni.  
Beni Files montrera aussi les lieux où des congolais sont tombés et donnera leurs noms et prénoms pour que personne ne puisse dire qu’il n’était pas au courant de ces tueries. «On ne peut pas les oublier, on doit regarder ces victimes dans les yeux. Puis on peut poser la question à la communauté internationale, au gouvernement congolais : pourquoi est-ce que cela ne vaut pas la peine de trouver les coupables et d’arrêter ces massacres ?»

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