DES SURVEILLANTS PÉNITENTIAIRES INTERDIT DE CRÉOLE

Les surveillants de la prison de Fresnes dans le Val-de-Marne ont fait savoir ce mardi 20 décembre qu’ils avaient estés en justice Adeline Hazapour pour des propos qualifiés de discriminatoires, racistes, mais également pour incitation à la haine. Le contrôleur s’était en effet plaint de l’usage du créole par les surveillants pénitentiaires, de certains dysfonctionnement au sein de l’établissement pénitentiaire. ‎

Le problème dénoncé par le service de contrôle des prisons(CGLPL) n’est pas tant l’usage du créole en soi, mais plutôt son usage dans le cadre professionnel. Le rapport dressé par la CGLPL fait état de l’utilisation courante du créole «‎pour les échanges professionnels entre surveillants, ce qui limite le contrôle hiérarchique et donne aux personnes détenues un sentiment d’incompréhension des décisions qui les concernent‎ ». Le rapport pointe également et surtout des «‎dysfonctionnements graves qui permettent de considérer que les conditions de vie des personnes détenues constituent un traitement inhumain ou dégradant‎ ».

Le syndicat FO pénitentiaire s’est saisit de l’affaire et a qualifié de discriminatoires les propos du rapport à l’encontre des ressortissants d’Outre-mer. En ce sens, une plainte a donc été déposée. ‎
Adeline Hazan dans son rapport ne s’arrête pas là. Elle dénonce la carence de personnel pénitentiaire au sein de la structure, carence qui entraîne le non respect des droits fondamentaux des prisonniers. Ainsi à la prison de Fresnes, «‎la fouille à corps devient la règle et non l’exception» et le personnel composé principalement de stagiaire (70%de l’effectif) peut se permettre de placer de longues heures durant les détenus dans des « salles d’attente » surnommées « placards », sans sanitaire ni point d’eau.

Au delà de la question de l’usage du créole par les gardes pénitentiaires, ce rapport pose le problème des prisons en France ou plutôt de la gestion de celles-ci par l’administration française. Il est en effet impossible humainement pour des gardes peu outillés de maintenir l’ordre, d’assurer le respect de la dignité humaine dans un tel univers, avec si peu de moyens ‎.

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