RDC : L’AVENIR POLITIQUE DU CONGO APRÈS AVRIL 2018 ?

La RDC connaît une fin d’année particulièrement sensible. Les 19 et 20 septembre derniers, le peuple congolais est sorti dans la rue pour manifester contre le fait d’une éventuelle candidature à un troisième mandat du président sortant, alors même que la constitution le lui interdit. Ce dernier avait obtenu le report des élections à avril 2018, le temps pour lui de modifier la constitution à son avantage. Sous l’égide de l’Union Africaine, Joseph kabila a organisé un dialogue politique national, auquel membres de l’opposition et de la société civile ont pu assister.

Elikia Mbokolo, historien et observateur de la scène politique congolaise, revient sur les points principaux de ce dialogue, dont il a d’ailleurs salué l’ouverture aux activistes, églises et membre de la société civile, lors de son interview avec Œil d’Afrique. L’historien revient sur la question sociale qui a poussé les congolais dans la rue en septembre. Il explique que le pouvoir encore en place ne prend pas en compte le caractère social de la gouvernance, notamment en ce qui concerne la gratuité de l’enseignement primaire, tel que cela est pourtant décrété dans la Constitution « Il faut rendre cette mesure effective. Beaucoup d’enfants traînent dans les rues parce que les familles n’ont pas les moyens de payer l’école. Les événements des 19 et 20 septembre 2016 sont un avertissement avant quelque chose de plus grave. Les politiques savent que le peuple les regarde et qu’il en a assez que le pain du pays circule toujours entre les mêmes mains ».

L’intellectuel revient rapidement sur l’échéance du 19 décembre qui marquait la fin du mandat de Kabila. Il confie que le dialogue s’est penché sur la question et a préconisé une « période intérimaire ». Au cours de celle-ci, un Premier Ministre issu de l’opposition sera désigné pour constituer un nouveau gouvernement. Parlant des élections prévues au mois d’avril, il explique : « certains auraient voulu avoir une élection plus vite, certes, mais que faire des 15 à 17 millions de jeunes majeurs et des 6 à 7 millions de Congolais de la diaspora qui ne sont pas enregistrés ? De plus, on sait qu’il y a eu énormément de fraudes dans les cartes d’électeurs. Ce qu’il ne faut pas, c’est que des puissances étrangères interviennent et dictent ce qui doit se passer au Congo ». Les délais et les moyens financiers semblent limités pour réaliser des élections dans les normes. Surtout que l’observateur souligne la nécessité que les membres de la Céni soient remplacés pour éviter des malversations du pouvoir.

L’Afrique a longtemps toléré ce type de manigance des pouvoirs en place. Il est grand temps que l’opposition, la société civile fassent entendre leur voix lors des discussions et pèsent de tout leur poids pour faire changer la donne.

NegroNews

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