DU POÈTE NOIR AU MASQUE BLANC 

Léopold Sédar Senghor, né le 9 octobre 1906 à Joal, au Sénégal, et mort le 20  décembre  2001  à Verson, en France, était un  poète, écrivain, homme politique français, puis sénégalais et premier président de la République du Sénégal de 1960 à 1980 et il fut aussi le premier Africain à siéger à l’Académie française. Il a également été ministre en France avant l’indépendance du Sénégal. Mais plus le temps passe, moins le poète est aimé multipliant les bêtises, les tueries qui ont causé la mort de plusieurs grands hommes sénégalais qui étaient susceptibles de lui voler la vedette au Sénégal.
 
Le régime de Senghor reste incontestablement celui qui a le plus marqué le Sénégal soit disant indépendant. La politique francophile de Senghor n’était pas compatible avec le besoin de souveraineté de l’élite intellectuelle sénégalaise. C’est la raison pour laquelle il a mille et une fois été critiqué non pas seulement pour la mauvaise gestion de son pays mais plutôt pour son penchant pour la cause blanche. Qu’il considérait sans aucune forme de regret comme supérieur d’où sa fameuse phrase qui en a mis bouche bée plus d’un «l’émotion est nègre, la raison est Hélène». Non rassurez-vous, ce n’est pas juste à cause de cela que l’homme en question était apprécié que des occidentaux.
 
La brouille entre Senghor et Mamadou Dia avait longtemps atteint son apogée mais elle était latente, ce n’est que le 17 décembre 1962 qu’elle est apparue au grand jour. Ainsi, lundi après-midi, le 17 décembre 1962, le gouvernement de Dia est renversé. La motion de censure signée, dès vendredi, par 41 membres de l’Assemblée Nationale obtient 48 voix sur les 80 que compte l’Assemblée. Senghor emprisonne Mamadou Dia l’accusant se vouloir faire un coup d’État. 
 
La gestion du pays est de plus en plus inquiétante, petit à petit les hommes politiques susceptibles d’être des potentiels rivaux pour le «poète » sont éliminés. Demba Diop, Valdiodio Ndiaye tout le monde y passe. 
 
Mais l’histoire qui a le plus marqué les sénégalais, c’est quand Senghor a fait tué le marxiste-leniniste Omar Blondin Diop, le normalien de Saint-Cloud le 11 mai 1973 dans les geôles de Gorée. Sous la directive du Jean Collin, ministre de l’intérieur du Sénégal de l’époque. Ce crime crapuleux plonge le pays dans une crise d’une rare particularité. Des dizaines de milliers insatisfaits de l’assassinat de Blondin regorgent les rues du pays. Ce jour-là Senghor fait appel à l’armée française fraichement reinstallée dans le pays pour ramener le calme.
 
À tout cela s’ajoute les désaccords avec les pays limitrophes du Sénégal qui lui ont tendu la main plusieurs fois pour une alliance panafricaine qu’il se faisait un plaisir de refuser catégoriquement de peur de représailles. Sékou Touré avait cette habitude de dire que Senghor avait les mains taché de beaucoup de sang. Il n’était pas aimé aussi du plus grand savant du 20e siècle,le professeur Cheikh Anta Diop, qu’il considérait comme son pire ennemi.
 
Vu comme un poète adulé de tous, il aura failli à sa mission de base, celle de marquer positivement par son vécu, la jeunesse intellectuelle du Sénégal toutes générations confondues.

Commentaires

commentaires