KENYA : UNE JEUNE FEMME « DONNE DE L’ESPOIR » À OBAMA DANS LA LUTTE POUR LA LIBERTÉ DES FEMMES

En Afrique, toutes cultures ont leurs traditions. Certaines d’entre elles sont connues pour être néfastes et criminelles, pourtant leurs pratiques se poursuivent encore aujourd’hui.

La mutilation, l’excision, le mariage forcé des enfants… autant de traditions qui ont été à plusieurs reprises dénoncées au cours de ces dernières décennies. Mais comme à leur habitude, les autorités africaines ferment les yeux, là-dessus, alors même qu’elles sont parfois complices de ces rituels criminels. Mais heureusement qu’au sein du peuple, des jeunes ont décidé de saisir le problème et d’offrir la protection aux victimes.
La tribu Samburu au Kenya compte un peu plus de 200 000 membres. Dans ces campagnes, l’illettrisme et la pauvreté frappent 70 % d’entre eux. Par ailleurs, l’excision et le mariage forcé des jeunes filles parfois à peine âgées de 8 ans, y sont des pratiques quasi intouchables. Car leur tradition locale autorise les parents à trouver un fiancé pour leurs enfants alors âgés de seulement 6ans. Cela s’appelle le « perlage », il donne l’autorisation au dit « fiancé » d’entretenir des rapports sexuels avec la jeune fille quand bon lui semble.

Joséphine Kulea, kényane de 32 ans et infirmière de formation, a fait de la libération de ces filles, le combat de sa vie. Celui-ci commence en 2008, à la fin de ses études d’infirmière, lorsqu’elle apprend que l’une de ses cousines va être mariée à un sexagénaire. La jeune femme alors âgée de 24 ans s’indigne se donne la mission de sauver sa cousine de ce mariage, ce qu’elle parvient à faire « je suis venue in extremis le jour avant le mariage et j’ai réussi à la sauver », se souvient-elle encore. Joséphine va plus loin et crée la Samburu Girls Foundation en 2012, et se donne la mission de venir au secours de toutes les jeunes filles des quatre comtés du Kenya et leur offrir protection et scolarisation.

Son engagement a fait écho hors de la tribu de Samburu, puisque lors d’une visite à Nairobi, alors que la fin de son discours approche, le président Obama tient à saluer la mission de Joséphine Kulea. « Joséphine a déjà aidé à secourir plus de 1000 jeunes filles des abus et des mariages forcés pour les placer dans des écoles (…) elle me donne de l’espoir » a-t-il rappelé. La jeune femme, dont la famille prie pour sa mort, s’en est émerveillé « c’était inattendu, je ne m’attendais pas du tout à ce qu’il parle de nous ».
Aujourd’hui les appels de détresse sont encore nombreux, mais SGF suit plus de 300 jeunes filles, emmenant certaines d’entre elles vers la réconciliation avec leurs familles. Malheureusement beaucoup d’autres sont abandonnées, parfois avec leurs bébés, ce qui fait qu’aujourd’hui la fondation suit 45 nourrissons. « Aujourd’hui on sponsorise les études de 300 filles. La plupart retournent dans leur famille près qu’on s’est assuré de qu’elles ne seront ni mariées, ni excisées. Mais beaucoup sont abandonnées. Une centaine habite donc au centre » détaille-t-elle. Après 10 ans de combat, la lutte commence à porter des fruits. Car « dans les centres urbains, les mariages forcés et les mutations diminuent ou ne se font plus en plein jour. SGF continue néanmoins de multiplier des campagnes de sensibilisation à l’endroit des hommes, des chefs de village et des policiers. « Le combat n’est pas terminé, mais je garde espoir de voir un jour l’avènement d’une Afrique sans excision. Il faut que les femmes de ce pays apprennent à dire non » a-t-elle conclu.

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