AFRIQUE : DISCRIMINATION ET ENJEUX DE LA FEMME DANS LE SECTEUR AGRICOLE

L’Afrique est décidément un continent sexiste, où tout simplement un continent qui offre peu d’opportunités à la gente féminine ? On peut le croire, si on s’en tient aux différents rapports établis sur la question. Si Aimé Césaire parlait du continent Africain au féminin, c’est qu’il avait compris très tôt l’importance et le rôle que peuvent jouer les femmes dans le développement de ce dernier. Si des avancées timides sont faites ici et là pour mettre la femme africaine en valeur, d’autre États du continent préfèrent rester sourds face au son de cloche. RFI nous rapporte dans un article consacré à ce sujet que : les femmes du continent qui participe énormément à la production agricole et à la transformation des produits, bénéficient rarement des mêmes droits en terme de propriété terrienne que les hommes.

Une affirmation que nous étayerons grâce à un rapport : celui de l’OCDE intitulé « femmes Afrique ». Ce rapport estime que « les femmes africaines constituent près de 70 pour cent de la force agricole du continent et produisent environ 90 pour cent de toutes les denrées alimentaires. Le taux d’activité économique — qui mesure le pourcentage de gens dont la force de travail assure la production de biens économiques — est supérieur concernant les femmes d’Afrique (61.9 pour cent) à celui d’autres régions (pays de l’OCDE compris). Cela étant, l’immense majorité des femmes africaines sont employées dans le secteur informel et/ou à des postes peu qualifiés. Le pourcentage de femmes salariées dans le secteur non agricole, l’un des plus faibles du monde (8.5 pour cent), est à cet égard éloquent ». La FAO pour sa part estime que «si les femmes avaient le même accès que les hommes aux ressources productives, elles pourraient augmenter de 20 à 30% les rendements des exploitations agricoles. »

C’est dans le but d’y remédier qu’une réunion a été organisée ce vendredi 16 décembre 2016 au siège de la FAO à Rome. Remettre les femmes au centre de l’agriculture africaine voilà de quoi il était question. Institution déplore le fait que « une partie très faible de la terre, du crédit, de la formation ou de l’information agricole ». Une thèse défendue aussi par la spécialiste des questions du genre, de légalité et du développement, Tacko Ndiaye, qui soutient que : « au Mali la propriété foncière revient aux hommes pour 86.7% des cas, et on sait que la terre n’est pas qu’un moyen de production important. C’est aussi une garantie pour l’accès au crédit ». si le Mali est sujet à mauvais exemple, la spécialiste n’oublie pas de conclure en relativisant sur ceux qui font mieux : « l’Ethiopie et le Rwanda possèdent un droit équitable, avec un système d’enregistrement conjoint par lequel est enregistrée au nom de la femme et du mari […] Investir dans l’autonomisation des femmes dans l’agriculture, c’est un raccourci intelligent dans le cadre de la lutte contre la pauvreté en milieu rural ».

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