LA NAMIBIE RESTE À LA CPI SI LES USA RATIFIE LE TRAITÉ DE ROME

Le 14 mars 2012, Thomas Lubanga Dyilo est reconnu coupable de conscription et d’enrôlement d’enfants de moins de 15 ans et du fait de les avoir fait participer à des hostilités. Ce fut là le premier jugement rendu par la Cour Pénale Internationale (CPI). Depuis l’entrée en fonction de l’institution, en 2002, la Cour a ouvert une procédure d’enquête dans dix cas, dont neuf en Afrique : l’Ouganda, la République démocratique du Congo, la République de Centrafrique, le Darfour (Soudan), la République du Kenya, la Libye et la Côte d’Ivoire. Cela résonne comme un son d’acharnement contre les Africains qui l’accusent de ce fait, de mener une justice politisée et discriminatoire envers l’Afrique, passant sous silence « les crimes de guerre commis par les pays occidentaux », s’est indigné le ministre gambien de l’information.

C’est donc sans surprise que les États africains, se retirent progressivement de la CPI. En octobre 2016, le Burundi ouvre la marche et devient le premier pays se quitter le Statut de Rome. Pour ce pays, « politisation de l’action de la CPI » est devenue « un instrument de pression sur les gouvernements des pays pauvres ou un moyen de les déstabiliser sous l’impulsion des grandes puissances ». L’Afrique du Sud et la Gambie prendront la même décision quelques semaines après le retrait du Burundi. Aujourd’hui, on dénombre plusieurs États Africains qui réfléchissent au bien-fondé de leur présence à la CPI, dont la Namibie.

En effet, par la voix de son président Hage Geingob, la Namibie a annoncé qu’elle ne suivrait pas le pas de ses confrères burundais et sud-africain, à la seule condition que la première puissance mondiale _ les États-Unis _ ratifie le texte fondateur de la cour, « Si vous persuadez les États-Unis à adhérer, nous resterons ». Car les États-Unis , qui financent pourtant l’institution n’ont pas ratifié le statut de Rome qui a donné naissance à la CPI, au risque de voir ses anciens présidents poursuivis, comme argumente un expert juriste Béninois «Georges Bush aurait pu être jugé par cette cour par exemple pour sa guerre en Irak fondée sur les preuves montées ». Par ailleurs, certaines des actions entreprises par les différentes agences de défense américaines (CIA, NSA) pourraient être traduites devant la Cour si un État membre déposait une plainte[ souhaitée], d’où les pressions de parties importantes de l’administration et du Congrès des États-Unis pour éviter ce risque.

En expliquant le retrait de son pays, le président namibien a fait la proposition d’un mécanisme panafricain de justice, indépendant. « L’Afrique doit développer ses propres processus, systèmes, tribunaux et institutions… Cela nous aiderait à être autosuffisants. Nous devons mettre en place des institutions durables … pas celles imposées par des pays étrangers », a-t-il déclaré au journal La Tribune. Cette proposition avait déjà été faite auparavant par Faure Gnassingbé, président togolais. Mais la mésentente entre les pays africains, notamment face aux intérêts financiers de l’Occident, mais également le fait du financement de cette Cour panafricaine. Car rappelons-le, l’Union africaine elle-même est financée à plus de 50 % par les États occidentaux.

Pourtant, la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples pourrait faire l’affaire. Pour peu que les États Africains ratifient au protocole et que l’institution gagne en autorité en matière de justice. Mais pour le moment, aucune institution n’est en mesure de répondre aux préoccupations des africains en matière de justice.
NegroNews

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