LA POLICE SUISSE ET SA PART DE RACISME

Il règne actuellement un climat de tension entre la communauté noire et la police en Suisse. Et pour cause, les noirs de Suisse estiment être victimes d’une forme d’acharnement de la part des forces de l’ordre.

Nous sommes le samedi 19 novembre, dans les rues de Lausanne, on compte près de 1000 personnes essentiellement des noirs. La raison de ce rassemblement ? Une série d’interventions policières controversées, dont l’une a coûté la vie à Hervé, un Congolais de 27 ans, le 6 novembre dernier à Bex. Les noirs de Suisses prennent la rue pour exprimer leur mécontentement.

Dans la Suisse d’aujourd’hui, il fait pas bon d’être noir et d’avoir affaire à la police. «Nos recherches montrent qu’il existe un racisme d’Etat bien plus ancré qu’il n’y paraît. Les rares cas médiatisés ne représentent que la pointe de l’iceberg. Beaucoup ne sont pas répertoriés tant l’accès à la justice est difficile et risqué.» affirme Tarek Naguib, membre de l’Alliance contre le profilage racial. «Le 28 octobre, un jeune Cap-verdien, pris pour un trafiquant, a été violemment frappé par la police lausannoise alors qu’il faisait son jogging nocturne. Mi-novembre, le tribunal de Zurich jugeait trois policiers pour racisme, abus de pouvoir et blessures contre un homme noir lors d’un contrôle d’identité.» ajoute t-il.

Une chose est certaine, les noirs sont bel et bien victimes du fait d’être noir. Une réalité non dissimulée, Olivier Guéniat, chef de la police judiciaire neuchâteloise affirme bien que  » la réalité du trafic de drogue est telle qu’il ne fait pas bon d’errer de nuit dans les quartiers chauds lorsqu’on est jeune et noir ». C’est ce que Nicolas Bancel, professeur associé à la Faculté des sciences sociales et politiques de l’Université de Lausanne appelle « la socialisation du racisme ». Pour faire simple la plupart des trafiquants sont des noirs, donc pour les forces de l’ordre, tous les noirs sont des potentiels trafiquants. Raisonnement assez simpliste.

Quand ils ont le bonheur de ne pas être associés à des formes de trafiques, les noirs sont victimes d’un second amalgame les associant ipso facto à des requérants d’asile. «Contrôles au faciès, arrestations, fouilles intégrales, confiscations de biens ou de documents, insultes racistes: ces abus sont le quotidien des migrants, invisibles et vulnérables», dénonce un membre du collectif Jean Dutoit. «Plusieurs policiers m’ont avoué avoir eu le bras lourd, sachant que la personne interpellée n’aurait pas les moyens de se plaindre», déplore Frédéric Maillard. Il affirme également que «les dérapages sont en recrudescence depuis un an et demi alors qu’ils diminuaient depuis 2004».

Cette situation, non particulière, dans le monde occidental (affaire Adama Traoré en France, violences policières aux USA etc…) marque un véritable recul des sociétés modernes et nous ramène aux heures les plus sombres de l’histoire. En effet les forces dites de l’ordre représentent le pouvoir coercitif d’un Etat, représentent tout court l’Etat, aussi, les dérives racistes de celles-ci sont vécues par ces citoyens et humains (de seconde classe) comme la concrétisation d’un « racisme d’Etat »

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