[SOCIÉTÉ] WILLIAM K. TCHATCHOUA : LE SANS-PAPIERS DEVENU MEILLEUR OUVRIER DE LA RÉGION DE BRETAGNE

« Ce qui sépare le riche du pauvre c’est la méditerranée » cette phrase devenue célèbre d’une figure montante du rap français justifie largement la ruée vers l’Occident. On en finit plus de parler de ces jeunes africains, le rêve européen plein les yeux, qui contre toute attente finissent par l’acquérir. Il y a moins d’un mois, NegroNews faisait état d’un jeune Nigérian Michael David, sans père, sans formation, sans argent, mais avec des rêves plein les poches, qui voulait vivre aussi son rêve européen. Il y a évidemment beaucoup de cas similaires et nous devons nous en féliciter. L’exil économique n’étant pas facile, d’autres fautes de noyade en mer mettent fin à leurs rêves.

Aujourd’hui nous parlerons d’un jeune camerounais, dont les écrits du journal « 20 minutes » attestent la singularité du parcours, la détermination et le courage de cette perle rare. Williams Kemadjou Tchatchoua est un jeune de 18 ans qui quitte son Cameroun natal pour l’Europe après le décès de son père et suite au départ sa mère. Déterminé à prendre sa revanche sur la vie, c’est en janvier 2014 qu’il traverse le Nigeria, le Niger, l’Algérie et le Maroc, à pied en moto, en voiture, en taxi-brousse, en fourgonnette et même en train de marchandises. « En Afrique on ne vit pas, on survit » voilà le moteur de sa détermination, les obstacles du parcours le forgent, rien ne l’arrête même pas ses trois tentatives pour franchir l’enclave espagnole de Melilla qui se soldent toutes par un échec. Il arrive finalement en France, où il erre dans les rues de la capitale pendant quelques jours avant de prendre le train : direction Rennes puis Quimper.
Pendant près de deux mois, il suivra des cours au lycée Vauban de Brest avec des élèves en échec scolaire, il entamera en septembre 2015 un CAP en métallerie serrurerie. Son abnégation comme en témoigne Dominique Donval, directeur adjoint du lycée, qui prend également une partie de ses frais de scolarité en charge, il confie « il est très motivé et intéressé, toujours demandeur et souriant, il a commencé de zéro, mais il apprend très vite, c’est une perle ».

Médaillé d’or aux olympiades des métiers de Saint-Brieuc, après avoir fabriqué une hydrolienne de 40kg, le jeune Mickaël est rappelons-le toujours sans papier. Il a pris le risque de se présenter à ce concours officiel sans aucun document justifiant de la régularité de son séjour en France. Il participera très certainement au concours de métallurgie qui aura lieu à Dubaï en 2017, sous les couleurs de la France. Sans -papiers, cela ne sera pas possible. Espérons que les autorités lui accordent le droit de développer ses compétences en toute régularité.

NegroNews

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