[ACTUALITÉ] RDC: MAIS QU’EST-CE QU’IL SE PASSE?

Il fut un jour où Patrice Lumumba, héros de l’indépendance de ce beau pays qu’est la RDC, a dit « Je sais et je sens au fond de moi-même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur. ». Malheureusement, depuis sa mort, la RDC n’a cessé de souffrir.

Rappelons tout d’abord que la RDC est un territoire divisé en plusieurs provinces et abritant de nombreuses ethnies (une centaine) comme les bantous qui représentent 80% de la population, de nombreuses langues comme le lingala ou le swahili par exemple. Ce pays est renommé pour sa diversité culturelle : la RDC brille par ses artistes qu’ils soient musicaux, picturaux,… ainsi que pour sa gastronomie. La RDC s’illustre aussi par ses sportifs, notamment par une équipe de football renommée ayant gagnée plusieurs fois la CAN. La RDC a d’importantes ressources agricoles, mais aussi minières dont 10% de l’or mondial. Alors, comment expliquer qu’un pays ayant autant de moyen ne puisse s’imposer aujourd’hui comme un leader économique et/ou culturelle ? L’un des pays les plus grands d’Afrique constitue aujourd’hui une plaie de plus pour le continent africain, pourquoi ? Tout simplement à cause de deux choses : la corruption et la mauvaise gestion.

Nous ne vous réexpliquerons pas l’histoire : à l’indépendance, les colons sont partis sans chercher à installer un véritable consensus, se contentant seulement de faire des magouilles diplomatico-politiques afin de mettre en place la personne la plus apte à coopérer dans leurs intérêts, laissant alors une administration en jachère dans un pays qui où la grande majorité des fonctionnaires était blanche. Suite à cela, Mobutu avec ses grandes idées de Zaïrisation et autres a voulu s’affranchir de tout ce que la colonisation avait pu mettre en place niveau gestion et, aidé par la corruption ambiante, a mis l’économie du pays à sac en empêchant la mise en place d’une industrie de pointe, en pillant le peuple à son propre profit. La RDC est aujourd’hui un des pays les plus pauvres du monde avec plus de 87% de la population vivant sous le seuil de pauvreté et un accaparement des terres et de l’eau de grandes envergures par des sociétés privées. Tout le monde veut sa part du gateau, volant ses trésors au peuple congolais.

Admettons que suite à cela, les Kabila, grands adeptes de la corruption et de la mauvaise gestion, n’aient pas pu réparer les erreurs des Belges et de Mobutu. Nous pouvons parler du chaos régnant dans le Nord-Est du pays ? Les rebelles rwandais, ougandais, anti-Kabila,… qui passent leur temps à piller, violer et massacrer les populations sans que le président ne fasse rien ? Gardons à l’esprit le massacre de Béni, massacre ayant eu lieu deux jours après la visite présidentielle à quelques kilomètres. Rappelons qu’en RDC, une femme entre 12 et 65 ans peut être violée toutes les 15min. L’armée nationale n’est clairement pas à la hauteur du point de vue sécurité nationale.

La preuve en est : la prise d’otage à l’aéroport de Kananga où des rebelles de la milice du chef Kamwena Nsapu, ex-chef rebelle anti-rwandais suite au viol de sa femme par des rebelles rwandais, tué en août. Selon les sources officielles, le calme serait revenu quelques heures après l’assaut mais d’après d’autres sources, cela n’a pas été le cas ou au moins relativement aux quartiers encerclant l’aéroport. On a dénombré moins d’une dizaine de morts du côté de l’armée congolaise et une quarantaine de morts du côté des rebelles. Du côté des civils, le chiffre oscille entre une dizaine et plusieurs dizaines. La violence règne aussi au sein des institutions : il ne fait pas bon d’être opposants politiques en RDC, la torture y est banale, les disparitions, les exils forcés, les moyens de pression,… Kabila ne lésine pas envers ceux qui osent s’attaquer à son pouvoir, personne n’a le droit de s’opposer à cette dynastie assise sur le dos des congolais depuis la fin des années 90.

Or, Kabila se retrouve aujourd’hui face à un opposant de force : la jeunesse congolaise (voire l’article sur la jeunesse africaine). Au moment où celui-ci annonce depuis quelques temps vouloir modifier la Constitution qui n’autorise que deux mandats consécutifs, tout en promettant des élections démocratiques (on voit ce que cela a donné au Gabon…), la jeunesse congolaise ne cesse de manifester et d’entretenir la flamme de la révolte. Cette semaine, ils manifestaient à Kinshasa. L’opposition a appelé à manifester contre le plan de Kabila, la ville a été plongée dans le chaos entre la jeunesse occupant le domaine universitaire, les habitants qui manifestaient et ou pillaient. La répression fut violente, au moins dix-sept morts.

Peut-être que l’ordre est rétabli cette fois-ci, mais avec la mondialisation et internet, les jeunes ne sont plus enclavés dans l’opinion populaire construite par Kabila et ses sbires, les jeunes ne sont plus défaitistes : un vent d’espoir et d’opposition souffle sur le pays, à moins de tuer la jeunesse, Kabila ne pourra pas réprimer ce feu qui l’anime. La CPI a annoncé en fin de semaine veiller sur la situation à Kinshasa, incitant tous les partis au calme, mais aussi menaçant Kabila implicitement en promettant que si elle pouvait juger ne serait qu’un seul méfait de la part des gouvernants, elle le ferai sans hésiter. Bien que Kabila s’attire la sympathie de ses voisins, notre cœur va à la population congolaise à laquelle nous souhaitons de pouvoir s’accomplir de la façon qu’elle mérite, de reprendre sa juste place.

Rappelons que ce n’est pas la première fois que les congolais ne veulent plus d’un gouvernement qui pactise avec l’Occident avant de se soucier de leur sort. Après la mort de Lumumba et délumbasition, soit le retour d’un gouvernement pro-Occident, une seconde indépendance avait été mise en place. Le Conseil National de Libération était né, cherchant alors un progrès social et démocratique plus proche des aspirations du peuple congolais, cherchant un projet d’avenir pour et par les congolais, un projet non plus subi mais construit.

NegroNews

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