[ACTUALITÉ] ADAMA OU LE REMAKE DE LA HAINE

La Haine est un film français sorti en 1995 et réalisé par Mathieu Kassovitz. Il raconte la vie de jeunes de banlieue, stigmatisés et humiliés puis assasinnés. La mort d’Adama est un meurtre réel qui a eu lien en France en 2016 et réalisé par la police française. « C’est l’histoire d’une société qui tombe et qui pour se rassurer se dit, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien. ».

Il s’appelait Adama, il avait 24 ans et vivait à Beaumont-Sur-Oise. Il n’aura vécu que 24 ans, sa vie ayant pris fin entre mardi et mercredi. Comment ? Pourquoi ? A 18h, ce mardi, Adama est emmené par la police sur le fond d’une accusation d’extorsion de fonds et d’agression à domicile. Il va mourir « d’un malaise cardiaque » lors de son interpellation. Comme par hasard. Cependant, son frère n’a pas la même version et dire « On a été interpellé avec mon petit frère. Ils l’ont coursé, ils l’ont frappé, je l’ai vu. Il était pour mort, il était encore menotté. Mon frère ne bougeait plus et de 18h jusqu’à 1h du matin son corps est resté à la gendarmerie. J’ai vu le gendarme, il est parti avec un t-shirt tout blanc et il est revenu avec un t-shirt plein de sang. Il a pas de plaie, c’est le sang de mon frère qu’il a sur le t-shirt. Il n’y a pas de crise cardiaque, ce sont eux qui l’ont frappé. »

La rumeur se répand alors, Adama est mort. Son quartier d’origine, Boyenval, explose. On a tué Adama. On a tué un enfant du quartier. On a tué un des nôtres. La nuit sera longue. Les jeunes manifestent leur mécontentement, jeunesse stigmatisée et sans autre cri que la violence pour répondre à celle dont ils sont victimes. Ils brûlent des voitures, ils tentent d’incendier le commissariat qui a assassiné leur frère, ils brûlent des poubelles et agressent les forces de l’ordre. Au total, six policiers seront blessés. Le quartier sera alors bloqué par les gendarmes, on veut éteindre le feu des émeutes, on veut réprimer ce cri. Ce scénario n’est pas censé rappeler celui de la Haine, rappelez-vous les premières scènes du film : des émeutes dans un quartier suite à la mort d’un jeune, assassiné par la police, les médias qui ne parlent que des blessés victimes des émeutiers, mais pas des émeutiers victimes des forces de l’ordre. Une des premières phrases du film correspond parfaitement à la situation actuelle « Vous n’êtes que des assassins, vous tirez hein, c’est facile hein, nous on a pas d’arme on a que des cailloux. ».

On a beaucoup parlé des violences policières aux États-Unis, mais très peu de celles qui se passent plus près, celles qui se passent chez nous. Sous nos yeux. Délit de faciès, passage à tabac, homicide, violence verbale, harcèlement. Autant de crimes dont a pu se rendre coupable la police. Pas tous, certes, mais quelques pourris qui suffisent à alimenter le climat d’insécurité. Quelques pourris qui continuent à frapper, à humilier, à braquer « la racaille » comme il l’appelle, quelques pourris qui regrettent l’ère Sarkozy où l’on menait une véritable chasse à la délinquance. Quelques pourris qui pensent « C’est l’histoire d’une société qui tombe et qui pour se rassurer se dit, jusqu’ici tout va bien, on ne tue que des noirs.». Heureusement pour eux, la presse française ne s’empare pas toujours, voire jamais, de ce genre de sujet. Mieux vaut parler de quelque chose qui concerne tout le monde, de quelque chose de réellement important : le chômage ou le coiffeur de François Hollande. Après tout, que vaut la vie d’un noir?

NegroNews

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