LES AMAZONES DU DAHOMEY : COURAGE ET FORCE

Les Minos, femmes du roi, formèrent un régime militaire féminin important dans l’histoire du royaume du Dahomey (actuel Bénin). Cette armée de femmes exista jusqu’à la fin du XIXème siècle et est souvent comparée aux Amazones de la mythologie. Femmes du roi, mais commandée par Dada, la reine, qui avaient un droit de vie ou de mort sur elles, elles marquèrent les esprits et l’histoire de l’Afrique.

La légende veut qu’elles soient à la base un groupe de chasseuses à dos d’éléphants créé au XVIIème siècle par le roi Houebadja, troisième roi du Dahomey. Ce groupe portait le nom de « gbeto » et à partir du XVIIIème siècle furent entraîner à devenir des gardiennes du corps. Les amazones gagnent en renommé avec Tasi Hangé durant le XVIIIème siècle, la reine impudique, comme on l’appelle, crée le corps des Amazones dont elle prendra la tête travestie sous les traits de son frère jumeau emporté par la maladie. Elle gagnera la bataille et sa renommée fut telle qu’on l’incita à prendre la tête du royaume, ce qu’elle fit jusqu’à ce qu’on assassine son fils unique. Le roi Agabja, son successeur développera encore le corps des Amazones, ce régiment l’aidant à gagner la bataille contre le royaume de Savi en 1721.

Les Minos étaient recrutées parmi les enfants esclaves, les jeunes filles étaient affranchies et rentraient dans le harem royal. Elles y suivaient une formation militaire avant d’intégrer le corps des femmes de guerre du roi, les « Agoledjié ». Certaines étaient cependant enrôlées selon leur volonté. Tous les trois ans, les sujets devaient présenter leurs filles devant un conseil de révision chargé de sélectionner celles qui entreraient dans le corps des Amazones, elles étaient gradées selon leur rang social. Les Amazones étaient souvent vierges, car elles avaient interdiction de se marier ou d’avoir des enfants, bien que certaines soient choisies pour devenir épouse du roi ou offertes aux meilleures guerriers. Cette virginité leur conférait un statut d’êtres semi-sacrés, renforcé par les croyances vaudous du peuple. L’armée des Minos composa à son apogée un tiers de l’armée, soit entre 4 000 et 6 000 membres durant le XIXème siècle, équipées d’uniformes et de fusils danois.

Les Amazones firent beaucoup parler d’elles à partir de 189° durant la Première Guerre du Dahomey où elles combattirent les forces colonisatrices françaises. Les rangs français, composés d’hommes, hésitèrent beaucoup face à ces femmes : cette hésitation leur causa de nombreuses pertes, bien que certains affirment que cela soit la cause de l’habilité militaire des Minos. La Légion étrangère était cependant bien mieux armée et infligea des pertes bien plus sévères dans les rangs amazones, celles-ci étant meilleures au corps-à-corps. La Légion étrangère vantera d’ailleurs « l’incroyable courage et l’audace » des Amazones, bien le royaume du Dahomey perde la guerre. Avec la mise en place du protectorat français, le nouveau roi Agoli Agbo dissoudra les Amazones. La dernière s’éteindra en 1979, dernier symbole de la force guerrière féminine du Dahomey.

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