[LA PAROLE EST A VOUS] LE METISSAGE : PERCEPTION POPULAIRE (1/4)

Jean-Loup Amselle, dans une interview pour Sciences Humaines, a pu répondre à la chose suivante au sujet d’une définition du métissage culturel : « Le métissage est une idée du XIXème siècle: c’est le mélange des sangs d’un point de vue racial. […] Mais aujourd’hui pour la biologie et la génétique, la notion n’a plus de sens puisque l’on sait que l’hérédité ne procède pas par mélange, mais par juxtaposition des caractères. Aujourd’hui cette notion [de métissage culturel] est devenue très employée dans le monde de la mode, de la littérature, de la musique, de l’art, du spectacle et de la culture en général. Elle désignerait quelque chose comme le libre mélange des genres, sur fond de mélange de couleurs de peau. ». Pour résumer son idée, il n’est plus seulement question d’un métissage visible par la couleur de peau, mais aussi d’un métissage culturel. On peut déduire que le métissage, ici culturel comme ethnique, doit son émergence à la mondialisation, aux échanges de flux humains (cf. migrations et immigrations) ainsi qu’aux évolutions sociales qui ont permis de faire bouger les mentalités et donc l’ouverture d’esprit d’une majorité, permettant ainsi à faire naître des amours ne s’arrêtant pas à la barrière de la culture, de la religion ou même de la couleur de peau. Mais qu’en penses l’opinion populaire ? Pour le savoir, nous avons mis un questionnaire en ligne, ouvert à tous (les participants ayant entre 15 et 73 ans, la majorité étant cependant des étudiants et/ou actifs*), posant des questions ne précisant pas si le métissage dont nous parlions était culturel ou ethnique.

Le questionnaire demandait tout d’abord aux participants quels étaient les premiers mots que leur évoquait le terme « métissage ». Les idées plus plus récurrentes sont plutôt mixophiles avec des mots comme « mélange » ou « diversité » qu’ils portent sur les origines ethniques ou les origines culturelles, le mot « beauté » revient souvent ainsi que « richesse », « force »ou « échange ». Pour certains, cela rappelle la devise française, l’ouverture d’esprit et la tolérance, mais aussi les différences d’autrui. Pour certains c’est aussi une question de normalité, quelque chose de corrélatif à la modernité et au XIXème siècles. Pour d’autres, on se rappelle directement Yannick Noah et son « Je suis métisse, un mélange de couleur » ou la chanson « Métissage » de Dub. Inc. Pour certains Casanova, on pense immédiatement aux filles, avec le stéréotype de la métisse aux cheveux frisés. Bien que 85,3% des personnes interrogées sur l’échantillon de presque 320 personnes se prononcent comme étant positif au métissage, on ne saurait ignorer les 3,9% se montrant explicitement hostiles au métissage ainsi que les sans avis. Étonnamment, ce n’est pas les participants les plus âgés qui se montrent le plus négatif quant à ce que leur inspirent le métissage : au contraire, les avis négatifs proviennent majoritairement des étudiants avec des réponses comme « mauvaise chose » , « problème de mélange inter-chromosomique » que l’on peut rapprocher de « eugénisme ». Certains parlent même clairement de « deux races différentes » ainsi que de « confusion » et de « bipolarité de la perception » ainsi que de « perte de culture » ou même de «Perte de l’identité culturelle. Perte des repères identitaires. Uniformisation culturelle (voire standardisation culturelle). Gâchis et remise en cause de la diversité culturelle. » . Il y a aussi une connexion très nette entre métissage et « racisme » pour certains, allant jusqu’à parler de façon neutre de « théorie du grand remplacement » mais aussi de façon plus virulente de « génocide anti-blanc ». De façon plus tranchée, on a pu entendre parler de « bêtise » ou même encore de « survalorisation du métissage » qui tendrait en un phénomène social obligeant les gens à y voir obligatoirement une bonne chose là où certains ni voient qu’un phénomène « ni bon ni mauvais ». Bien sûr les réponses négatives ne proviennent pas obligatoirement des 3,9% mais aussi de personnes ayant accolés certaines réponses négatives à d’autres réponses positives.

Plus précisément, si nous interrogeons les mêmes personnes sur leur perception des couples mixtes, on peut observer que la majorité s’y montre plus ou moins favorable. Par plus ou moins, on peut observer trois types de réactions dans les mixophiles : une certaine admiration en ce qu’ils seraient une preuve d’ouverture sur le monde, une envie voire même le fantasme d’avoir une relation avec quelqu’un d’une culture et/ ou d’une couleur différente, mais aussi une acceptation très large de ces couples que beaucoup qualifient de normaux avec une récurrence de phrases comme « L’amour n’a pas de frontière ». La troisième attitude des mixophiles tend paradoxalement à la méfiance comme le montre J. 73 ans retraité qui évoque une appréciation au cas par cas, car selon elle, certains couples mixtes pourraient n’avoir pour autre but qu’un intérêt pour l’un comme des papiers ou du profit, appréciation partagée par L. 19 ans étudiant qui évoque les mariages vazaha-gasy (blanc-malgache) qui ont couramment lieu par intérêt à Madagascar. Cependant, il serait faux de dire que tout le monde est mixophile, certains mixophobes exprimant un avis des plus tranchés comme AH 26 ans étudiant « Nous devrions envoyer les femmes blanches amatrices de b**** noires en Afrique et plus généralement, interdire le métissage » ou encore J 19 ans étudiant « C’est dégueulasse très clairement. ». Les avis sont cependant moins tranchés quand on demande plus subjectivement si les personnes interrogées pourraient se mettre avec quelqu’un d’une culture ou d’une ethnie différente. La majorité reste favorable mais beaucoup d’autres se montrent plus hésitant ou pointent du doigt certaines difficultés, mettant en avant le fait que ce soit un « défi du quotidien» L. 41 ans ou encore que cela nécessite des « sacrifices » M. 20 ans étudiante. D’autres évoquent cette possibilité sous conditions « sauf musulmans » Ae 23 ans, réponse souvent donnée à demi-mot ou suite à une expérience passée, à la condition que les différences soient moins marquées comme le précise T. 20 ans étudiante. Certains répondent directement non, se justifiant par « l’organisation de la vie future » M. 21 ans étudiante ou par rapport aux convictions familiales comme L. 19 ans lycéenne.

Nous observerons donc que la perception populaire reste majoritairement favorable au métissage, métissage qui se multiplie de plus en plus de nos jours donnant naissance à « des métisses de métisses ». Cependant, il semble important de montrer que bien que la majorité des personnes aient une opinion très favorables au métissage, l’opinion est légèrement moins favorable dès qu’il s’agit de se mettre en couple avec une personne d’une autre culture ou alors met cette hypothèse sous couvert de conditions. L’opinion négative reste minoritaire, mais semble prendre racines le plus souvent chez les jeunes qui ont grandi avec ce phénomène de plus en plus croissant. Cependant, un message d’espoir peut être retenu de cette enquête en la phrase d’E. 23 ans « Tant qu’il y a l’amour et le respect, peu importe la religion ou les origines. ». Et vous, qu’en pensez-vous?

NegroNews

*Pour garder l’anonymat de tous, nous indiquerons les participants par leur initiale, leur âge et si possible leur catégorie socio-professionnelle

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