[ACTUALITE] LE BRESIL N’AIME PAS SES ENFANTS NOIRS

Quand on vous parle du Brésil, vous visualisez peut-être les plages, les corps sculptés, la musique, le football, la puissance émergente du pays,… Mais visualisez-vous les enfants des favelas ? Pour être plus précis, visualisez-vous les corps ensanglantés des enfants des favelas ?

En 2016, il existe au Brésil un clivage social plus que réel. Ce clivage social s’illustre entre une partie de la population qui vit bien et qui profite de la prospérité du pays, mais aussi une autre partie du pays que l’on ne voit pas forcément, qui vit dans les favelas et qui meurent de faim. La population brésilienne compte environ 150 000 000 de citoyens, la moitié de cette population a moins de 18 ans. Selon UNICEF, 13 000 000 de mineurs vivent dans la rue, ou du moins dans des conditions extrêmement précaires, par mineurs nous entendons une majorité d’enfants ayant entre 7 à 15 ans. Bien sûr, ces enfants cherchent à survivre par tous les moyens et s’adonnent souvent à des vols ou la vente de drogue par exemple. La situation est déjà critique au vu de la précarité dans laquelle vivent ces enfants, mais en plus, la première partie de la population n’arrange pas les choses. Si vous écoutez le président des commerçants de Rio, en tuant un de ces jeunes « on rend service à la société ». Ce genre de déclaration pourrait sembler isolée si elle n’était pas représentative de l’état d’esprit d’une bonne partie de cette population prospère.

Cet état d’esprit a mené à la création « d’escadrons de la mort » qui mettent en gage leur service contre une excellente rémunération. La majeure partie de ces escadrons est constituée et dirigée par des membres actifs ou retraités de la police et a pour but de « nettoyer » les rues brésiliennes. On a pu dénombré 4 611 enfants tués entre 1988 et 1990 et ceci seulement sur 17 états brésiliens sur 21, la majorité des enfants visés étant des enfants de couleur. Vous vous demandez donc ce que fait la police ? La police les abat comme des animaux et classe l’affaire, 70% des enquêtes pour homicide sur mineurs n’ont pas abouti. Et que se passe-t-il lorsque l’enquête abouti ? La police répond. Revenons en 1993, suite à l’arrestation de huit policiers pour homicide, deux massacres d’environ 30 personnes ont ébranlé le pays : le massacre de Candelarià où la police a abattu de sang froid des enfants qui dormaient sous le porche d’une église, mais aussi le massacre de Vigario Geral où 21 résidents ont été abattus. Les enfants cherchent alors à se protéger et créer des mouvements de protection comme « Movimento nacional de meninos et meninas de rua », les dirigeants recevant menaces de mort sur menaces de mort. L’un d’eux a d’ailleurs été arrêté puis retrouvé en bas d’une colline, deux balles de la tête pour seulement 13 ans d’existence.

Vous vous demandez peut-être pourquoi le pays ne se soulève pas ? En octobre 2015, Eduardo un jeune noir de 17 ans a été abattu lors d’un affrontement entre la police et un gang. Afin de maquiller le meurtre, la police a placé une arme dans sa main et a tiré deux coups pour invoquer la légitime défense. La scène a été filmée et est devenue virale au point de provoquer des révoltes de la part de la population et de forcer le gouverneur de Rio à s’excuser publiquement. Ces événements étant intervenus deux semaines après l’exclusion de onze policiers pour la mort de deux délinquants qu’ils avaient exécutés avant de maquiller la scène, renflant la polémique contre les actes « d’autorésistance » comme les appellent la police, qui ont augmenté de plus de 30% depuis 2015. Plus récemment, la mort de deux jeunes enfants de couleurs fin juin, Italo 10 ans et Gabriel 11 ans, a provoqué de nouvelles manifestations. Abisogun, 34 ans, membre de l’Union of Collective Pan-Africanists a tenu à soutenir personnellement les familles, évoquant sa peur de laisser son enfant sortir le soir et dénonçant la mort d’un enfant noir toutes les 23 minutes au Brésil.

NegroNews

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