[ACTUALITÉ] RWANDA : LA CHASSE AUX GÉNOCIDAIRES CONTINUE

Accusés d’avoir directement participé au massacre de centaines voire de milliers de Tutsi en avril 1994 à Kabarondo, Octavien Ngenzi et Tito Barahira, deux anciens bourgmestres rwandais comparaissent devant les assises de paris. Pendant huit semaines, les deux hommes seront jugés pour  » crimes contre l’humanité  » et  » génocide « , pour  » une pratique massive et systématique d’exécutions sommaires  » en application d’un  » plan concerté tendant à la destruction  » du groupe ethnique tutsi.

À l’ouverture du procès ce mardi, les accusés, très calmes et attentifs, ont affirmé qu’ils répondraient aux questions de la cour, ne choisissant pas d’user de leur droit au silence. Toutefois, leurs avocats se sont lancés dans une virulente critique des faibles moyens accordés à la défense, dénonçant  » un grave déséquilibre  » préjudiciable à leurs clients. Ils ont demandé une interruption du procès pour permettre  » un transport sur les lieux  » et  » la remise en liberté  » des accusés.  » C’est le combat du tigre contre l’âne ficelé « , a lancé de vive voix Françoise Mathe, l’avocate d’Octavien Ngenzi. Sans surprise, ces demandes ont été rejetées par la cour, et perçues comme des manœuvres dilatoires aussi bien par l’accusation que par les parties civiles.

Pour Michel Laval, avocat du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), association à l’origine de la plupart des enquêtes sur le génocide rwandais en France ces demandes sont destinées à  » inoculer dans les esprits le poison du doute alors que ce procès doit faire entendre la voix des morts, ceux qui ont été découpés à la machette, brûlés vifs « .

Après la condamnation de Pascal Simbikangwa, ancien capitaine de l’armée rwandaise, à 25 ans de réclusion pour génocide en mars 2014, ce procès est le second à se tenir en France sur le génocide rwandais.

NegroNews

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